
Depuis quelques jours, des images largement partagées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs camions remisés ou saisis près du poste de Contrôle Routier des Cèdres.
Ces images suscitent des réactions et donnent lieu à de nombreuses interprétations. Il apparait donc essentiel de partager les faits, tels que confirmés par les autorités concernées.
« La fraternité a été informé qu’une vidéo circule faisant état de plusieurs remisages ou saisies de camions dans le secteur du poste de contrôle de Les Cèdres », explique Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité des Constables de Contrôle Routier du Québec (FCCRQ).
« Je suis étonné que le service des communications de la SAAQ ne réponde pas, ils sont informé de la situation. Il est vrai que la majorité des véhicules vue dans la vidéo sont soient remisés ou saisis par mes membres, c’est la seule vérité. »
Ces interventions sont encadrées par la réglementation en vigueur, notamment en lien avec le respect des conditions liées au permis de conduire.
Certains commentaires suggèrent que ces actions auraient pour cible directe le stratagème Chauffeur Inc. ou les chauffeurs liés à ce modèle. Or, il est important de rappeler que les contrôleurs routiers n’ont pas les pouvoirs législatifs pour intervenir à ce niveau.
Ce type d’enjeu, bien réel et documenté, nécessite des changements de loi.
« Les contrôleurs routiers n’ont aucun pouvoir pour agir sur ce stratagème, nous avons fait nos revendications auprès du gouvernement (tout comme l’ACQ), et cela requiert des changements législatifs, la balle est aux décideurs politiques », rappelle M. Daignault.
En l’absence de volonté politique claire, aucune mesure concrète ne peut être appliquée par les agents sur le terrain dans ce dossier.
Si certains souhaitent des actions concrètes contre le stratagème Chauffeur Inc., la question n’est pas de débattre sur les réseaux sociaux, mais bien de continuer à faire pression là où ça compte : auprès des élus.
Depuis des mois, des publications ont été partagées pour inviter la population à signer des pétitions, à écrire aux députés (dont les courriels ont été diffusés) et à relayer les messages de camionneurs impliqués dans le dossier, comme Guillaume Lecours, qui interpelle directement Ottawa.
Si l’on veut voir des changements réels, c’est par l’action politique, la mobilisation citoyenne et la médiatisation de ces enjeux dans les grands médias qu’ils viendront.
Les agents sur le terrain, eux, ne peuvent agir sans outils législatifs. Le problème est connu, mais ce sont les décideurs qui détiennent la clé…
Pourquoi des véhicules saisis et remisés aux Cèdres?
Les remises et saisies observées sont, dans bien des cas, liées à des problématiques administratives concernant les permis de conduire.
Au Québec, pour conserver son droit de conduire, il faut notamment détenir un permis valide, avoir des informations à jour auprès de la SAAQ… et s’assurer que ses constats d’infraction soient réglés. Or, une récente mise à jour du système a permis de mieux recenser les constats impayés, entrainant automatiquement, dans plusieurs cas, la suspension du droit de conduire. Cette suspension peut mener à la saisie du véhicule pour une durée de 30 jours, lorsque les conditions ne sont pas respectées.
Les contrôleurs routiers sont-ils moins actifs?
Cette précision permet aussi de remettre en perspective les affirmations circulant au sujet du niveau d’activité des agents de CRQ, notamment au poste des Cèdres.
« Il est faux de dire que le poste de la balance des Cèdres est ouverte à 25%. Comme vous le savez nous sommes confinés dans les balances depuis le mois de mars, le chiffre est supérieurs à 75%. »
Les équipes de Contrôle Routier Québec sont actuellement limitées à opérer depuis les postes de pesée, une situation imposée par une décision du Tribunal administratif du travail, et non par manque de volonté des agents sur le terrain. Ce jugement prive de nombreuses régions de patrouilles actives, laissant certains secteurs sans surveillance régulière. Dans ce contexte, des constables d’autres régions sont redirigés vers le poste des Cèdres, entre autres, pour y maintenir un niveau d’activité soutenu.
Cette disparité sur le terrain peut contribuer à de la confusion : certains croient à tort que les balances sont toujours fermées, tandis que d’autres, comme aux Cèdres, constatent plutôt une intensification des activités.
Pendant ce temps, la SAAQ tarde à réagir pour rétablir une présence efficace sur l’ensemble du territoire, soulevant des préoccupations quant à la priorité réellement accordée à la sécurité routière, particulièrement en dehors des grands centres.
Des agents pris entre les attentes et les contraintes
Dans un contexte où les défis sont multiples, qu’il s’agisse du manque de pouvoirs législatifs, des limites opérationnelles imposées aux agents, ou encore des zones laissées sans surveillance, la situation actuelle met en lumière les tensions importantes entre les réalités du terrain et les attentes de l’industrie au niveau de CRQ.
Pendant que les contrôleurs font leur travail avec les moyens qu’ils ont, des camionneurs, des entreprises et des citoyens continuent de réclamer un encadrement plus équitable et plus rigoureux. Au cœur de tout cela, il reste une constante…












