Le camionnage fait partie de l’ADN de Guillaume Lecours. Dans sa famille, le diesel coule dans les veines! Fils de camionneur, il a grandi en regardant son père partir chaque semaine pour livrer chez Besner.
Devenu lui-même routier longue distance en 2018, il n’a jamais eu peur de faire de la route. Pour lui, c’est plus qu’un métier, c’est une passion. Et c’est vrai : rouler beau temps, mauvais temps, pour livrer des biens de consommation, des médicaments, du matériel de construction ou de la nourriture, dans toutes les conditions imaginables… c’est bien plus qu’un travail. C’est une vocation.
Mais aujourd’hui, cette passion est mise à rude épreuve. Camionneur chez Trans-West, Guillaume a lancé un cri du cœur à l’échelle nationale pour dénoncer le stratagème des chauffeurs incorporés, qui nuit profondément à l’industrie.
Ce n’est pas un grand plan de mobilisation qui a tout déclenché, mais un constat d’injustice. Après une deuxième baisse de salaire en deux ans chez Trans-West, Guillaume reçoit une lettre de la direction. Une phrase en particulier le fait réagir : « si ça vous fâche, écrivez à votre député fédéral ». Il l’a pris au mot.
« J’ai écrit tout de suite à Dominique Vien, étant donné que je suis de Sainte-Justine », explique-t-il, soit la Députée à la Chambre des communes du Canada.
Voyant qu’il pouvait faire plus, il a poursuivi sa démarche en contactant Anju Dhillon, députée de Lachine, où se trouve le siège de Trans-West. Puis, un par un, il a écrit à tous les députés de la Chambre des communes. Chacun a reçu un courriel personnalisé, avec une lettre bilingue en pièce jointe.
« Je souhaite vraiment faire la différence, mais je sais pas si je vais avoir l’impact voulu étant seul. Je crois avoir commencé de quoi de gros, et je l’espère, qui sera pris en considération. »
Son initiative a déjà suscité des réponses de plusieurs députés, dont Dan Albas, Luc Berthold, Linda Lapointe et Shannon Stubbs. Ils ont reconnu l’importance des enjeux soulevés et l’ont assuré qu’ils y porteraient une attention particulière.
Pour Guillaume, cette mobilisation dépasse les frontières du camionnage. Il rappelle que l’impact du manque de formation ou de surveillance dans l’industrie peut toucher n’importe qui.
« Je crois que les gens de toute branche professionnelle devraient soutenir ma démarche, car on a entendu parler d’Alexandra Poulin à Vallée-Jonction, qui est décédée en parlant à son chum au téléphone, alors qu’un camionneur qui n’a pas suivi les indications de la route s’est renversé sur son auto, en la tuant sur le coup. »
Il insiste aussi sur le contraste brutal vécu par les camionneurs depuis la pandémie :
« Durant le COVID, nous étions des héros sur la route à fournir les chaînes d’approvisionnement malgré le confinement. Mais assez vite, nous sommes redevenus des zéros. »
Il voit bien que l’image des camionneurs se détériore, entre les accidents médiatisés et les vidéos de bâches mal attachées qui volent sur l’autoroute. Pourtant, il sait à quel point ce métier demande des sacrifices. Il rappelle que les chauffeurs laissent souvent leur famille derrière pour aller « manger du bitume » et vivre de leur passion. Malgré tout, il garde la tête haute, même s’il confie avoir des doutes.
« J’ai des doutes sur la solidarité, car au Québec, on juge beaucoup. On juge la personne qui réussit, on juge celle qui mendie… souvent sans rien savoir de leur vie. Est-ce que j’aurai beaucoup d’appuis ? Je le souhaite, mais je ne m’y attends pas trop. »
Sur les réseaux sociaux, plusieurs lui répondent que le système est corrompu depuis longtemps, que ce sont justement ceux qui donnent les permis et les lois qui entretiennent ce déséquilibre, et qu’il est inutile d’essayer de changer quoi que ce soit.
Mais Guillaume n’est pas de ceux qui baissent les bras. Il veut vivre de sa passion dans une industrie plus juste, plus équitable et plus sécuritaire, et il est prêt à poursuivre ses efforts pour y arriver.

Convaincu que sa démarche peut avoir un impact réel, il ne compte pas s’arrêter là. Il prévoit relancer prochainement tous les députés qui n’auront pas répondu à ses courriels. Il a aussi élargi son message en l’envoyant à plusieurs grands médias comme La Presse, Le Soleil, Le Journal de Montréal… ainsi qu’à des publications spécialisées comme Transport Routier. Et quand il a entendu Réal Gagnon dénoncer Chauffeur Inc. à Radio X, il a aussitôt transmis sa propre initiative à la station.
Dans ses messages publics, Guillaume met en lumière un système qui, selon lui, crée de l’injustice entre les travailleurs, affaiblit leurs droits, et met la sécurité de tous en danger. Il est convaincu que si rien n’est fait, « c’est l’avenir du camionnage qu’on sacrifie ».
Malgré tout, il continue. Parce que pour lui, ce métier vaut qu’on se batte pour lui. Parce qu’il croit qu’un seul camionneur peut allumer une mèche, déclencher un mouvement, rallumer la fierté.
Et nous, on espère qu’en lisant son histoire, d’autres vont se lever. Sans hésiter. Pour sauver le plus beau métier du monde : camionneur. Pour qu’il retrouve sa vraie valeur, avec de vrais routiers professionnels, bien formés, respectés, qui roulent avec rigueur, passion et conscience. Des gens qui protègent leur environnement de travail, refusent les raccourcis, et disent non aux abus et aux entreprises qui exploitent le système.
Son message est simple mais puissant. L’unité est essentielle pour défendre un métier qui mérite mieux. Sa mobilisation nous rappelle que derrière les lois, les chiffres et les débats parlementaires, ce sont des êtres humains qui tiennent la route, littéralement, pour faire rouler les biens et l’économie de tout un pays.

JOIGNEZ-VOUS À GUILLAUME! SAUVONS NOTRE INDUSTRIE. MARCHE À SUIVRE POUR ÉCRIRE À UN DÉPUTÉ FÉDÉRAL :
1. Trouvez le nom de votre député :
Allez sur le site officiel de la Chambre des communes et entrez votre code postal pour identifier votre député fédéral : https://www.noscommunes.ca/members/fr
2. Notez ses coordonnées :
Chaque député a une adresse courriel et une adresse postale gratuite à Ottawa (pas besoin de timbre si vous envoyez une lettre par la poste).
3. Choisissez le mode d’envoi :
Par la poste :
[Nom du député]
Chambre des communes
Ottawa (Ontario) K1A 0A6
(Aucun frais de timbre requis)
Ou, par courriel : utilisez l’adresse courriel fournie sur le profil du député.
4. Envoyez un message poli, clair et court pour exprimer vos inquiétudes et votre demande. Exemple :
Objet : Soutien aux camionneurs et sécurité sur nos routes
Bonjour [Nom du député],
Je vous écris à titre de citoyen(ne) concerné(e) pour vous faire part de mon inquiétude face à la situation actuelle dans l’industrie du transport, notamment les pratiques de « chauffeur inc », qui nuisent à l’équité, à la sécurité routière et aux droits des travailleurs.
Je vous invite à vous pencher sur ce problème avec sérieux et à soutenir des mesures concrètes pour protéger les camionneurs honnêtes, améliorer la sécurité de nos routes et assurer une saine concurrence dans le milieu du transport.
Merci de me tenir informé(e) des démarches entreprises à ce sujet.
Cordialement,
[Votre prénom et nom]
[Votre ville, province]
[Optionnel : votre numéro de téléphone ou courriel]












