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Camionneurs : Au volant d’un camion lourds avec un permis classe 5

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Camionneurs : Au volant d’un camion lourds avec un permis classe 5

Camionneurs : Camionneurs : Un chauffeur au volant d'un camion lourd de Skylark Logistics n'a qu'un permis de conduire de classe 5.

Le 5 mai dernier, Truck Stop Québec a reçu des photos concernant un accrochage mineur survenu entre deux camions lourds, et des informations concernant l’un des deux camionneurs.

Selon les éléments transmis, le chauffeur au volant d’un camion au nom de Skylark Logistics, une entreprise de Cambridge, en Ontario, aurait présenté un permis de conduire du Québec de classe 5, sans aucune autre classe inscrite.

Photo du permis de conduire de M. Singh, qui était au volant d'un camion lourd avec un permis de classe 5.Autrement dit, le document présenté ne démontrait pas que le conducteur détenait une classe 1, requise pour conduire un véhicule lourd de ce type.

Il ne comportait pas non plus de classe 2, 3 ou 4, comme c’est le cas pour les détenteurs de classe 1. Pour notre informateur, cette situation a immédiatement soulevé des doutes importants.

Afin de comprendre, Benoit Therrien, animateur et fondateur de Truck Stop Québec (TSQ), et Yvan Domingue, directeur du personnel et de l’embauche chez Transport Grayson, ont communiqué directement avec l’entreprise. Charan Dhaliwal, responsable de la sécurité chez Skylark Logistics, a accepté de répondre à quelques questions. Dès le départ, elle a affirmé qu’il n’était pas possible qu’un chauffeur de leur compagnie prenne la route sans avoir les compétences et le permis requis.

Selon ses explications, le camionneur en question serait un chauffeur incorporé et travaillerait avec l’entreprise depuis une vingtaine d’années. Elle affirme également qu’il serait légalement autorisé à conduire et qu’il détiendrait la classe appropriée. Alors, le conducteur possède-t-il un autre permis ailleurs, est-ce un permis légitime? A-t-il présenté le mauvais permis après l’accrochage, sous l’effet du stress, comme elle l’a mentionné, avant de confirmer que le chauffeur n’avait finalement qu’un seul permis?

Le chauffeur a également communiqué avec TSQ à la suite de la publication de son permis, expliquant qu’il aurait remis la « mauvaise carte » par erreur et qu’il possède un permis de classe 1 valide, ce que nous n’avons pas été en mesure de corroborer. Il affirme qu’une erreur serait survenue lors de son renouvellement à la SAAQ et qu’il aurait reçu temporairement un permis de classe 5 avant que la situation soit corrigée. TSQ n’est toutefois pas en mesure d’obtenir davantage d’informations, le conducteur ayant par la suite bloqué nos communications.

« Une chose est sûre, avoir deux permis émis par la SAAQ qui sont valides m’apparaît impossible », explique Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité des Constables de Contrôle Routier Québec (FCCRQ), à TSQ. « Dans ce genre de situation, ce qu’on voit souvent, c’est que le chauffeur présente un permis qui n’est pas le sien. Ça peut être celui d’une autre personne, à qui il l’a emprunté, un collègue, un membre de sa famille… »

Durant l’échange avec Skylark, TSQ a aussi soulevé une information selon laquelle le conducteur aurait déjà été lié à un dossier de conduite avec les facultés affaiblies. Charan Dhaliwal a nié cette information, affirmant qu’une telle situation ne pouvait pas être possible selon les dossiers dont l’entreprise disposait.

La responsable de la sécurité a expliqué que l’entreprise demande régulièrement les dossiers de conduite de ses chauffeurs. Selon elle, tout était en ordre lors d’une vérification précédente, en décembre ou en janvier. Or, la photo du permis obtenu par TSQ indique une date de validation au 10 mars 2026. Ce décalage soulève une incohérence importante, puisque le document présenté après l’accrochage semble postérieur à la vérification mentionnée par l’entreprise.

Charan Dhaliwal a aussi affirmé qu’un autre dossier de conduite avait été demandé à la fin avril, mais qu’il n’avait pas encore été reçu au moment de l’appel. Elle a toutefois ajouté que le camionneur aurait été inspecté par le MTO le 28 avril et qu’il aurait alors été jugé conforme.

Après cette conversation, plusieurs questions demeurent. Comment un conducteur associé à une entreprise de transport ontarienne a-t-il pu présenter un permis québécois de classe 5 après un accrochage impliquant un poids lourd? Et surtout, quelles vérifications sont réellement faites lorsqu’un chauffeur incorporé prend la route au nom d’un transporteur?

Ce dossier dépasse le simple accrochage. Il touche à la responsabilité des entreprises, à la supervision des chauffeurs incorporés et à la sécurité du public sur les routes. Heureusement, cette fois, l’incident n’aurait pas causé de conséquences graves. Mais si ce conducteur n’est pas en règle au volant du poids lourd, que pourrait-il se produire dans le futur?

ashtelecall