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Formation des camionneurs en Ontario : la vérificatrice générale sonne l’alarme

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Formation des camionneurs en Ontario : la vérificatrice générale sonne l’alarme

Graphique de Truck Stop Québec montrant une rangée de camions lourds avec le logo TSQ et le texte « Camionneurs en Ontario — Des failles majeures dénoncées par la vérificatrice générale ».

Un rapport spécial de la vérificatrice générale de l’Ontario met en lumière de sérieuses failles dans la formation des camionneurs, l’octroi des permis et le sérieux des écoles de conduite dans la province.

Selon le rapport spécial de la vérificatrice générale de l’Ontario, Shelley Spence, la province ne surveille pas adéquatement la formation, les examens routiers et certains mécanismes liés à la délivrance des permis de camionneurs commerciaux.

Le constat est préoccupant pour la sécurité routière, surtout quand on sait que les camions lourds représentent environ 3% des véhicules sur les routes ontariennes, mais 12% des véhicules impliqués dans des collisions mortelles entre 2019 et 2023.

L’audit révèle que certains centres privés de formation en conduite de camions auraient offert moins d’heures que le minimum obligatoire. Des étudiants mandatés par le bureau de la vérificatrice ont suivi des cours dans six établissements entre juin et décembre 2025. Dans deux écoles privées, la formation offerte n’aurait totalisé que 59,5 heures et 81 heures, alors que le minimum requis pour la formation d’entrée en camionnage est de 103,5 heures.

Certains étudiants n’auraient pas non plus appris des manœuvres essentielles comme les virages à gauche à de grandes intersections, le stationnement en marche arrière ou les arrêts d’urgence.

Le rapport va plus loin en révélant d’autres failles importantes dans le système de contrôle. Entre avril 2020 et octobre 2025, certains centres non enregistrés auraient réussi à faire certifier des étudiants en passant par des centres dûment enregistrés, qui entraient ensuite leurs dossiers dans le système du ministère des Transports.

Entre janvier 2024 et juin 2025, le rapport indique que 17 écoles non enregistrées auraient tout de même réussi à prendre rendez-vous pour 3,227 examens routiers. Onze autres écoles, dont le statut était expiré, révoqué, fermé ou suspendu, auraient fait de même pour 3,166 examens après être devenues non conformes.

En date de mars 2025, le ministère des Collèges et Universités n’avait jamais inspecté 54 des 216 centres privés enregistrés qui offraient la formation d’entrée obligatoire pour les camionneurs en Ontario. Cette situation est d’autant plus préoccupante que, dans d’autres inspections et enquêtes menées entre 2019 et 2024, le ministère avait déjà repéré des dossiers de formation falsifiés ou modifiés, des preuves manquantes concernant les heures suivies et des composantes obligatoires qui n’étaient pas enseignées. Malgré ces constats, les mécanismes de communication entre les ministères demeuraient insuffisants.

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Certains examens de conduite ne testaient pas non plus les manœuvres sur autoroute à des vitesses comparables d’un centre à l’autre, et certains centres n’évaluaient pas correctement toutes les formes de marche arrière exigées.

La vérificatrice générale souligne également qu’en Ontario, des candidats ayant déjà des infractions, des suspensions ou des condamnations à leur dossier peuvent tout de même obtenir un permis de camion lourd. Le rapport relève aussi l’absence de délai obligatoire entre l’obtention d’un permis de véhicule de promenade et l’accès à un permis de classe A, alors que les données du ministère montrent que les conducteurs qui attendent plus longtemps avant de passer au camion lourd sont moins souvent impliqués dans des collisions responsables durant leur première année.

Pour une industrie où les erreurs peuvent avoir des conséquences graves, ces lacunes soulèvent des questions importantes sur la rigueur du système.

La vérificatrice générale formule 13 recommandations, toutes acceptées par la province. Elles visent notamment une meilleure inspection des écoles, un meilleur partage d’information entre les ministères, une surveillance plus serrée des instructeurs, des examens plus uniformes et une analyse plus poussée des risques après l’obtention du permis.

Le rapport a fait réagir l’opposition officielle à Queen’s Park. La cheffe du NPD de l’Ontario, Marit Stiles, accuse le gouvernement Ford d’avoir ignoré pendant des années les avertissements concernant la fraude et les lacunes dans la formation des camionneurs commerciaux. Le député John Vanthof, de Timiskaming-Cochrane, affirme pour sa part que ces problèmes sont soulevés depuis longtemps et dit avoir demandé au ministre pourquoi le gouvernement n’avait pas agi plus tôt, sans obtenir de réponse claire.

Pour le secteur du transport, le rapport vient confirmer des inquiétudes souvent soulevées sur le terrain.

ashtelecall