
Le comté de Mushkegowuk—Baie James, représenté par le député Guy Bourgouin, s’étend sur une vaste région du nord-est de l’Ontario, englobant des communautés telles que Hearst, Kapuskasing, Moosonee et plusieurs Premières Nations. La route 11/17, artère principale traversant cette région, est cruciale pour le transport et la connexion entre ces localités.
Cependant, ces routes sont fréquemment jugées dangereuses en raison de conditions météorologiques rigoureuses, d’un entretien hivernal inadéquat et d’une infrastructure insuffisante. Lors d’une entrevue sur la radio de TSQ, M. Bourgouin a exprimé les préoccupations de ses concitoyens face à de nombreux dangers. Il a également déposé des projets de loi visant à améliorer l’entretien hivernal de la route 11/17, en proposant notamment de les reclasser en catégorie 1 pour assurer un déneigement plus rapide et efficace.
Malgré ces initiatives, le gouvernement provincial n’a pas encore adopté ces mesures, laissant les résidents et les usagers de la route dans une situation précaire. Les communautés locales continuent de réclamer des actions concrètes pour sécuriser ces axes routiers essentiels à leur quotidien.
« Si les routes ferment, on ne peut pas faire un détour. C’est la Transcanadienne, les routes 11 et 17. Je dis souvent au monde que ce n’est pas une trail à vaches, c’est la Transcanadienne, et on a besoin des services qui représentent ça. »
En plus de ses efforts pour l’entretien des routes, M. Bourgouin a proposé des mesures pour renforcer la formation des camionneurs, une raison majeure pour laquelle les gens ont de plus en plus peur d’emprunter la route pour voyager.
« On voit tellement de choses qui arrivent. Il y a eu deux tempêtes de neige normales, pas des tempêtes comme à Gravenhurst, qui ont reçu 4 pieds et demi de neige d’une shot. Mais, 10 pouces de neige, on est habitué. Et ce qu’on voit, ce sont des personnes qui n’ont pas d’expérience de conduite sur des conditions hivernales. Surtout des camionneurs, avec le manque d’expérience, qui suivent de trop près, ils se rentrent dedans, ils font des jacknifes, et ça ferme les routes.
Et ce que le monde doit réaliser, pour nous, c’est que ce sont des artères principales. Si on veut aller à nos rendez-vous médicaux, on passe par la route 11/17, nos enfants vont à l’école, on va au travail… il n’y a pas d’alternatives! »
M. Bourgouin a récemment évoqué en Chambre un reportage de l’émission CBC Marketplace qui a révélé des pratiques frauduleuses dans la formation des camionneurs en Ontario. Cette enquête, réalisée avec des caméras cachées, a mis en lumière que certaines écoles de conduite offraient des formations bien en dessous des 103,5 heures requises par le programme de formation obligatoire de niveau d’entrée (MELT), permettant ainsi à des conducteurs non qualifiés d’obtenir leur permis en échange de pots-de-vin et de documents falsifiés.
Le ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Sarkaria, a reconnu à l’effet de ce reportage qu’il y avait quelques mauvais joueurs. Selon M. Bourgouin, le problème est beaucoup plus systémique et préoccupant.
« Le reportage avait mentionné, si je me souviens bien, 14 institutions qui signaient illégalement des certifications pour permettre à des individus de passer leur examen. Ça démontre clairement qu’il y a des gens qui ne devraient pas se retrouver derrière le volant », déplore M. Bourgouin.
« J’ai dit au ministre de retirer les licences de ces institutions, retrouvez quelles sont celles concernées, et pour toutes ces institutions, reculez en arrière et refaites passer les licences. On leur donne une période de temps raisonnable, pour qu’ils repassent leur licence. Mais à quelque part, il faut qu’on corrige cette situation-là pour démontrer aux autres que non, c’est inacceptable. »
« Ce n’est pas juste un ou deux mauvais joueurs dans la gang, c’est beaucoup plus que ça, comme j’ai dit, c’est systémique. Et tu as le ministre qui dit toujours qu’on a les routes les plus sécuritaires de l’Amérique du Nord. Moi, je peux vous dire que dans mon comté, à toutes les fois qu’il dit ça, le monde devient encore plus frustré et enragé envers le ministère. »
Face à des rapports de fraude et de corruption dans les centres de délivrance de permis, il plaide pour une formation obligatoire avant l’obtention des permis de catégories A ou D, incluant au moins 20 heures de simulation de conduite, avec un accent sur les conditions hivernales.
« 20 heures, c’est pas gros, on s’entend. Je voulais mettre beaucoup plus, mais avec un gouvernement partisan comme on a, j’ai voulu mettre toutes les chances possibles. Parce qu’une fois que le projet de loi est accepté, il s’en va en comité, et là on peut aller le modifier et les compagnies de camionnage, les municipalités, peuvent venir témoigner en Chambre. »
M. Bourgouin explique que, lors de discussions avec des entreprises disposant de simulateurs, certaines ont mentionné que ces outils, bien que utiles, ne suffisaient pas à répondre pleinement aux exigences de formation. Il souligne qu’il peut apporter ces informations au comité pour enrichir le débat.
Selon lui, ce projet de loi ne devrait pas susciter de partisanerie, car le problème ne réside pas chez les camionneurs, mais plutôt au niveau des institutions qui délivrent ces certifications de manière inadéquate. « Le travailleur, lui, veut simplement qu’on lui donne sa licence pour pouvoir travailler et subvenir aux besoins de sa famille. »
Il prône pour offrir les outils nécessaires à tous les conducteurs, pour qu’ils aient l’expérience nécessaire. Le ministre aurait expliqué à M. Bourgouin lundi qu’il aimait le projet de loi, et qu’ils ont passé une nouvelle motion pour que les conducteurs aient un an de conduite derrière un automobile avant de pouvoir devenir camionneur.
« C’est ben beau ça, mais j’ai dit s’il conduit seulement à Toronto un an, il n’aura jamais l’expérience de neige! Et c’est pas la même chose conduire un auto, et conduire un camion, sur des routes hivernales, la réaction est complètement différente… »
Par ailleurs, le député a présenté la « Loi de Chad », visant à interdire les dépassements sur des routes marquées d’une double ligne jaune continue. Cette initiative fait suite à un grave accident impliquant un résident de sa circonscription, causé par un dépassement dangereux.
« C’est arrivé juste à la sortie de sa communauté », explique M. Bourgouin, en faisant référence à la mairesse de Val Rita-Harty, Johanne Baril, à qui nous avons parlé il y a quelques jours et qui, elle aussi, dénonce les dangers sans précédent de la route 11 et 17. « Ce qu’elle dit, elle n’est pas la seule mairesse qui le dénonce! »
Malgré le soutien de plusieurs municipalités du Nord de l’Ontario, ce projet de loi n’a pas été adopté par le gouvernement provincial. M. Bourgouin continue de plaider pour sa mise en œuvre, soulignant que l’Ontario est l’une des rares provinces où de tels dépassements ne sont pas explicitement interdits.
« Il faut améliorer les routes pour le monde du Nord, parce que c’est dangereux et on a une obligation de protéger les commettants, là. »
Les initiatives de M. Bourgouin reflètent une volonté de renforcer la sécurité routière dans le Nord de l’Ontario. Cependant, l’inaction du gouvernement provincial face à ces propositions laisse les résidents et les usagers de la route dans une situation vulnérable. Les communautés locales continuent de réclamer des mesures concrètes, qui ont du mordant, pour améliorer la sécurité sur la route 11/17, essentielle à leur quotidien ainsi qu’à la sécurité de nos camionneurs qui doivent circuler sur cette Transcanadienne.
Pour écouter l’entrevue complète :
Plus sur la route 11/17 :
- Transport dans le Nord de l’Ontario : La mairesse Johanne Baril tire la sonnette d’alarme sur les dangers des routes 11/17
- Conditions hivernales difficiles : Quatre camionneurs accusés de conduite imprudente sur la route 11

Pour en savoir plus sur la route 11/17, suivez le groupe Hwy 11/17 kills people – La route 11/17 tue des gens.











