Trans-West, bien connue dans le milieu du camionnage pour son engagement envers la sécurité et ses clients, annonce une série de mesures douloureuses, dont des mises à pied et des baisses de rémunération, en réaction à une crise persistante qui secoue l’industrie du transport.
Dans un communiqué adressé à ses employés, la direction explique que malgré tous les efforts déployés pour éviter d’en arriver là, la situation est devenue insoutenable.
Depuis la fin de la pandémie, Trans-West, comme bien d’autres transporteurs, fait face à une concurrence jugée déloyale de la part des chauffeurs incorporés (Driver Inc), souvent issus de l’Ontario, qui opèrent sans les mêmes charges fiscales et sociales que les entreprises réglementées. Cette situation crée un déséquilibre majeur dans les coûts d’exploitation. Résultat : les clients vont vers les plus bas soumissionnaires, forçant Trans-West à réduire ses taux pour ne pas perdre ses contrats, notamment ceux vers les États-Unis.
« Le marché est envahi de Chauffeurs Inc. Ils paient leurs chauffeurs 0,60$ net du mille, pendant que nous devons couvrir les taxes, la CNESST, l’assurance-emploi… On ne peut pas rivaliser avec ça », peut-on lire dans le message signé par le président, Réal Gagnon.
La crise est amplifiée par d’autres facteurs externes, comme les tarifs douaniers, la récession, et le boycottage de produits américains, notamment les fruits et légumes. Ces éléments ont contribué à faire de cette saison l’une des pires de l’histoire de l’entreprise, qui œuvre depuis plus de 45 ans.
Devant ces pressions, Trans-West annonce une réduction de sa flotte de 25 camions d’ici le 1er septembre, des congédiements parmi les camionneurs embauchés récemment, une baisse de salaire pour les chauffeurs en équipe, et la suppression de certaines primes. La direction réduit également son propre salaire et vendra des équipements excédentaires pour tenter de sécuriser ce qui peut encore l’être.
Malgré de nombreuses communications adressées au gouvernement fédéral par les grandes associations de l’industrie, Trans-West déplore le silence complet d’Ottawa. « Le gouvernement n’a pas bougé et ne répond à aucune de nos demandes », dénonce-t-on.
En guise de mot de la fin, le communiqué invite les employés qui se sentent délaissés ou inquiets à aller directement voir leur député fédéral pour lui faire part de leurs préoccupations.
Quand l’excellence ne suffit plus…
Trans-West n’est pas une entreprise comme les autres. Reconnue à travers l’Amérique du Nord pour son engagement indéfectible envers la sécurité, l’excellence opérationnelle et le respect de ses employés, elle incarne ce que l’industrie du camionnage a de plus solide et de plus humain à offrir.
Ses nombreuses distinctions aux Fleet Safety Awards de la TCA en témoigne; même dans les périodes les plus difficiles, Trans-West maintient des standards parmi les plus élevés de l’industrie. C’est cette rigueur, cette transparence et ce souci du bien-être des routiers qui font de Trans-West un modèle à suivre et qui rendent d’autant plus inacceptable l’inaction des décideurs face aux enjeux criants qui menacent l’avenir d’un secteur névralgique de notre économie.
Si même une entreprise aussi bien structurée, respectée et visionnaire que Trans-West est contrainte de couper dans ses effectifs, que restera-t-il aux autres?












