
La Fraternité des Constables du Contrôle Routier du Québec (FCCRQ) a publié, le 4 juin 2025, les résultats d’un sondage interne révélant une situation préoccupante au sein des contrôleurs routiers.
Le résumé du sondage, daté du 15 mai, repose sur les réponses de plus de 220 agents, qui dressent un portrait sombre du climat de travail et de la santé psychologique dans leurs rangs.
Un sentiment d’abandon généralisé
La majorité des répondants affirment ne pas se sentir soutenus ni reconnus par leur employeur. Le respect de la direction envers les agents serait quasi absent, selon 85% des participants. Ce manque de reconnaissance mine le moral de plusieurs, dans un contexte déjà tendu depuis les événements du 6 mars 2025, point tournant dans l’organisation selon de nombreux témoignages.
Le 6 mars 2025, le Tribunal administratif du travail a ordonné la suspension immédiate des interventions non planifiées sur les routes par les constables de Contrôle routier Québec, jugeant les risques pour leur sécurité trop élevés. Cette décision faisait suite à un recours déposé par la Fraternité des constables, qui dénonçait notamment l’absence d’armes de service, le manque d’équipements de protection adéquats et un accès limité aux renseignements du Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ).
Depuis, la SAAQ a choisi de contester ce jugement en cour, une démarche perçue par plusieurs comme un refus de reconnaître la légitimité des préoccupations soulevées et un manque de respect envers ses propres employés.
Ressources insuffisantes et sécurité compromise
Parmi les griefs exprimés : le manque criant de ressources humaines, matérielles et technologiques. L’absence d’équipements de base comme une arme de service ou certains outils de protection est vivement critiquée. Ces lacunes rendent le travail plus difficile, voire risqué, selon les répondants.
Un stress omniprésent, des arrêts de travail fréquents
Le niveau de stress vécu par les agents est frappant : 90% disent en ressentir un niveau élevé depuis mars.
Plus de deux tiers (69%) ont même songé à quitter leur emploi en raison de leur bien-être psychologique. Plusieurs sont actuellement en arrêt de travail, tandis que d’autres envisagent sérieusement de se tourner vers d’autres emplois dans le secteur public ou privé.
Un climat de travail toxique
Les conflits interpersonnels sont fréquents et, selon les agents, souvent causés par un leadership déficient et l’inaction face à certains comportements jugés inacceptables. La perte de confiance envers la SAAQ et la direction de Contrôle Routier Québec est quasi généralisée. Les membres réclament de meilleures communications internes, le respect des décisions du Tribunal administratif du travail, et une clarification sur l’avenir de leur rôle, notamment en ce qui concerne l’armement.
Un appel pressant à des actions concrètes
Face à cette situation jugée critique, la Fraternité affirme que la santé psychologique de ses membres est une priorité et demande à l’employeur d’agir sans délai. Des discussions sont prévues pour faire valoir les résultats du sondage et exiger des changements rapides, en s’appuyant notamment sur la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) et la convention collective.
Quand l’État « se bat contre lui-même »… aux frais des contribuables
Pendant que les agents de Contrôle routier demeurent confinés aux balances, sans équipement adéquat ni soutien suffisant, la SAAQ, une société d’État, choisit de contester une décision rendue par un organisme public, devant un tribunal public, avec des fonds publics. Quand chaque acteur est financé par le même portefeuille et que les services sur le terrain se détériorent, difficile pour le citoyen de ne pas remettre en question la logique de tout ça…
Contrôleurs routiers : la SAAQ campe sur sa position, la FCCRQ rallie les appuis











