
L’annonce du président américain Donald Trump d’imposer, dès le 1er novembre, une taxe de 25% sur les camions moyens et lourds fabriqués à l’extérieur des États-Unis provoque un vent d’inquiétude jusqu’au Québec.
Présentée comme une mesure de « sécurité nationale », cette décision vise à protéger les constructeurs américains comme Peterbilt, Kenworth, Freightliner ou Mack Trucks.
Mais pour les fabricants situés hors du pays, notamment Paccar à Sainte-Thérèse, elle fait craindre une délocalisation de la production vers les États-Unis et, par conséquent, des pertes d’emplois au Québec.

Bien que la société soit américaine, ses installations québécoises produisent une partie de la flotte que Washington souhaite désormais réserver à la production domestique américaine.
Cette barrière tarifaire de 25% risque de rendre les camions fabriqués au Canada moins compétitifs sur le marché américain, principal débouché de l’usine.
Ces nouveaux tarifs s’ajoutent à une série de mesures protectionnistes déjà adoptées par la Maison-Blanche. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump multiplie les droits de douane sur l’acier, l’aluminium, les véhicules et maintenant les poids lourds. Officiellement, il s’agit de favoriser les emplois manufacturiers américains, mais les effets collatéraux se font sentir ailleurs.
Au Canada, où plusieurs fournisseurs québécois de pièces, d’acier et de composants électroniques approvisionnent les chaines d’assemblage de Paccar. Une réduction de la production signifierait donc un impact en cascade sur tout un écosystème industriel.
L’incertitude plane aussi sur la conformité de ces mesures avec l’accord de libre-échange nord-américain (ACEUM), qui prévoit l’exemption de tarifs pour les véhicules comportant au moins 64% de contenu nord-américain. Le pourcentage devrait monter à 70% d’ici 2027.
La Cour suprême américaine doit se prononcer en novembre sur la légalité de certains tarifs que Donald Trump a imposés en invoquant des pouvoirs d’urgence. Ces taxes ont déjà été jugées illégales par un tribunal inférieur, mais le gouvernement a fait appel. Si la taxe sur les camions repose sur la même base juridique, son avenir pourrait être remis en question par cette décision.
À Sainte-Thérèse, où le nombre d’employés est passé d’environ 1,200 à 800 en un an, la pression monte. Pour les travailleurs et les dirigeants syndicaux, cette nouvelle surtaxe américaine pourrait mettre en péril des centaines d’emplois spécialisés et l’un des derniers sites d’assemblage de camions lourds au Canada.
Alors que les discussions entre Donald Trump et le premier ministre canadien Mark Carney s’annoncent tendues, l’avenir de Paccar Canada pourrait devenir un symbole des conséquences économiques d’un protectionnisme qui ne connait pas de frontière.












