
Un ministre du gouvernement de l’Alberta presse Ottawa de resserrer les contrôles entourant les abus liés à l’immigration dans le secteur du camionnage, affirmant que l’inaction actuelle pose des risques réels pour la sécurité routière.
Selon le ministre des Transports de l’Alberta, Devin Dreeshen, la circulation constante des camions entre les provinces rend inévitable l’intervention du gouvernement fédéral face à des entreprises éphémères qui exploitent des chauffeurs étrangers insuffisamment formés.
En 2025, l’Alberta a multiplié les actions pour tenter d’assainir le secteur. Le ministère a notamment fermé cinq écoles de formation jugées non conformes et mis fin aux activités de 13 transporteurs dits « caméléons », des entreprises qui changent d’identité afin de dissimuler des antécédents en matière de sécurité. Selon des informations publiques, au moins huit de ces transporteurs fermés auraient des liens de propriété avec la communauté sud-asiatique.
Parmi les écoles visées figure l’Indo Canadian Driver Training School Inc., établie à Edmonton, tandis que deux autres établissements contestent actuellement la décision du gouvernement.
Tout en reconnaissant que le fédéral a amélioré le partage d’information pour aider les provinces à suivre ces transporteurs à risque, le ministre estime que le filtrage des chauffeurs migrants demeure insuffisant. Ottawa a par ailleurs annoncé, dans son budget de novembre, des mesures visant à lutter contre la fausse classification de chauffeurs comme travailleurs autonomes, le stratagème « Chauffeur Inc. ». Devin Dreeshen soutient toutefois qu’un encadrement plus strict est nécessaire, en particulier, pour mieux informer les travailleurs recrutés à l’étranger, incluant ceux provenant de l’Inde, sur les exigences de formation et les normes de sécurité en vigueur au Canada.
Ces déclarations surviennent alors qu’un rapport de l’Alberta Next Panel recommande la tenue d’un référendum en 2026 afin que la province obtienne davantage de contrôle sur l’immigration. Le ministre n’a pas précisé quelle place occuperait le camionnage dans un éventuel modèle « fait en Alberta », mais évoque une approche comparable à celle du Québec, où la province peut mieux arrimer l’immigration à ses besoins économiques.
Pendant ce temps, le comité permanent des transports de la Chambre des communes vient de conclure ses audiences sur l’évolution du camionnage canadien. Ni le président du comité, Peter Schiefke, ni les cabinets de Lena Diab et de Steve MacKinnon n’ont commenté le dossier.












