
Le Texas prend la décision de suspendre la délivrance de certains permis de conduire commerciaux (CDL) pour les non-citoyens.
Cette annonce découle directement d’une mesure d’urgence prise à Washington par le secrétaire américain aux Transports, Sean P. Duffy.
À l’échelle fédérale, Duffy a adopté une règle d’urgence qui resserre considérablement les conditions entourant l’obtention des CDL pour les non domiciliés, c’est-à-dire les permis accordés à des chauffeurs qui ne résident pas dans l’État où les permis sont délivrés.
Désormais, les candidats devront répondre à des critères beaucoup plus stricts, notamment en matière de statut d’immigration, qui sera vérifié à travers un système fédéral spécialisé. L’objectif du gouvernement est de corriger des failles mises en lumière lors d’un audit national, qui aurait révélé l’émission de permis en dehors des normes.
Les États qui ne se conforment pas à ces nouvelles règles s’exposent même à des sanctions financières, notamment la perte d’une partie de leurs fonds fédéraux pour les routes.
Face à cette directive, le Texas a réagi rapidement en annonçant la suspension immédiate de tous les permis concernés. Concrètement, cela signifie que l’État cesse pour le moment de délivrer des CDL non domiciliés, mais ils vont plus loin. Le Texas cesse aussi de délivrer des permis aux non-citoyens qui ont le statut de réfugiés, de demandeurs d’asile ou qui sont bénéficiaires du programme DACA. Les permis d’apprenti conducteur (CLP) destinés à ces mêmes catégories sont également bloqués.
Tant que la coordination avec la Federal Motor Carrier Safety Administration n’est pas finalisée, aucun examen écrit ou pratique ne sera offert aux conducteurs visés.
La différence entre les deux mesures se situe donc dans leur portée. La règle de Sean Duffy est une directive nationale qui s’applique à l’ensemble du pays et qui impose de nouvelles conditions à tous les États. La décision du Texas, quant à elle, constitue une application locale de cette règle. Pour se mettre en conformité, l’État a choisi de suspendre immédiatement l’émission des permis en attendant d’ajuster ses procédures. En somme, Washington établit la règle, et le Texas la traduit dans son administration.
Les répercussions se font déjà sentir sur le terrain. À Grand Prairie, l’école Truck God CDL Training a dû interrompre la formation de plusieurs étudiants étrangers titulaires de visas de travail, mais qui ne peuvent plus avancer dans le processus. Du côté des transporteurs, les inquiétudes montent. Le président-directeur général de MW Logistics, Mitchell Ward, avertit que chaque conducteur perdu représente une pression supplémentaire sur les coûts. Selon lui, moins de chauffeurs signifie des prix plus élevés pour déplacer les marchandises, et cette hausse finira par se répercuter sur les consommateurs, que ce soit dans les épiceries ou dans les centres commerciaux.
Pour une industrie déjà fragilisée par la difficulté à trouver de la main-d’œuvre, ce nouveau resserrement réglementaire arrive à un moment délicat. La période des Fêtes approche, une saison cruciale où la demande en transport explose. La combinaison d’un manque de chauffeurs et de nouvelles règles restrictives risque de compliquer encore davantage la logistique, non seulement au Texas, mais aussi dans le reste du pays.
Au final, peu importe ce que l’on pense de ces décisions parfois controversées aux États-Unis, une chose est claire, c’est que les autorités américaines n’hésitent pas à agir rapidement lorsqu’elles jugent nécessaire de resserrer les règles et de mettre de l’ordre dans l’industrie.












