
La pétition visant à dénoncer le stratagème Chauffeur Inc a été officiellement déposée à l’Assemblée nationale du Québec aujourd’hui. Malgré un nombre limité de signataires, soit 2,255 signataires en date du 16 mars, cette initiative symbolise un pas de plus dans la volonté de mieux encadrer les pratiques douteuses dans le secteur du transport routier.
Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports et de mobilité durable, le député libéral Monsef Derraji, accompagné de David Morneau, coprésident de Groupe Morneau, et Nadine Guilbault, VP du Groupe Guilbault, ont procédé au dépôt officiel. Le message transmis au gouvernement est clair : il est temps d’intervenir pour protéger les camionneurs, soutenir les entreprises respectueuses des règles, et améliorer la sécurité sur les routes du Québec.
Monsef Derraji a affirmé que les entreprises québécoises subissent de lourdes conséquences en raison du stratagème Chauffeur Inc. Il insiste sur l’importance de revoir la façon dont l’industrie du transport est encadrée, surtout dans le contexte actuel. Selon lui, cette pratique crée une forte pression sur le marché, et ce sont les entreprises d’ici qui en paient le prix. Il rappelle aussi que les routes sont partagées, et que ce genre de pratique a un impact sur tout le réseau de transport, même si le problème prend principalement racine en Ontario, où les enjeux de sécurité routière liés à ce stratagème sont bien réels.
« Il y a des risques d’accidents. Ce n’est pas tout le monde qui est habilité à conduire en hiver chez nous », a déclaré M. Derraji.
Or, dans bien des cas, ceux qui abusent du système embauchent des travailleurs immigrants, souvent moins bien encadrés et insuffisamment préparés aux conditions de conduite hivernale propres au Québec.
David Morneau a souligné quant à lui que le problème dépasse largement les frontières du Québec et a expliqué l’ampleur des répercussions sur les entreprises québécoises, grandes et petites :
« Il y en a un léger pourcentage au Québec, mais la manne au Canada a démarré à partir de l’Ontario. C’est un problème pancanadien qui s’incruste de plus en plus au Québec et qui affecte les entrepreneurs en transport routier. Et ce ne sont pas seulement les grosses entreprises de transport (qui sont touchées) : ce sont aussi les artisans qui ont trois ou cinq camions et qui se demandent comment ils vont faire pour mettre du pain sur la table pour leur famille. »
Monsef Derraji estime que, malheureusement, personne n’écoute au sein du gouvernement actuel. Il dénonce une pratique illégale et une concurrence déloyale, soulignant que certaines entreprises ne paient pas leur part. Il s’interroge sur la logique d’avoir deux catégories : celles qui respectent les règles et paient, et celles qui ne paient rien.
« La pétition c’est juste un premier pas. Il faut régler le problème et que les gouvernements s’entendent. »
David Morneau appelle enfin à l’unité du milieu politique et des acteurs de l’industrie avant qu’un autre drame ne survienne. Il rappelle ainsi l’importance d’agir maintenant, sans attendre une tragédie semblable à celle des Broncos de Humboldt, en mentionnant qu’un accident grave s’est déjà produit au Québec et que d’autres suivront si rien n’est fait.
Le dépôt de cette pétition s’inscrit dans un contexte où l’industrie du transport réclame depuis longtemps un encadrement clair et des mesures concrètes pour rétablir une concurrence saine. Cette initiative contribue à maintenir ce dossier crucial dans l’agenda politique québécois.
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