
Netflix prépare actuellement une série dramatique de huit épisodes se déroulant dans la ville fictive de South Dorothy, au Minnesota, une communauté ouvrière où le hockey occupe une place centrale.
L’histoire débute lorsqu’un accident d’autobus décime une équipe de hockey du secondaire, tuant plusieurs joueurs ainsi que leur entraîneur.
Après le drame, la ville se tourne vers la veuve de l’entraîneur, appelée à prendre les rênes d’une nouvelle équipe composée de jeunes profondément marqués par la tragédie. La série met en vedette Michelle Monaghan et est produite par 21 Laps, la société de Shawn Levy, derrière des succès majeurs comme Stranger Things, Toute la lumière que nous ne pouvons voir et The Adam Project. Aucun titre officiel ni date de sortie n’ont encore été annoncés.
Selon Netflix, il s’agit d’une œuvre de fiction qui ne serait inspirée d’aucun événement réel. Le scénariste et producteur Nick Naveda a d’ailleurs décrit le projet comme un « rêve devenu réalité ». La production n’est toutefois pas présentée comme une création originale Netflix, mais plutôt comme une série développée par un studio externe, puis reprise par la plateforme pour diffusion internationale. Malgré ces précisions, le synopsis et le contexte ont rapidement attiré l’attention… et la controverse.
Cette histoire vous rappelle-t-elle quelque chose? Pour de nombreuses familles canadiennes, les similitudes avec la tragédie des Broncos de Humboldt sont difficiles à ignorer. En 2018, un camion conduit par Jaskirat Singh Sidhu avait brûlé un arrêt obligatoire et percuté l’autobus d’une équipe de hockey junior en Saskatchewan, faisant 16 morts et 13 blessés. Sidhu a été condamné à huit ans de prison pour conduite dangereuse et a récemment reçu un ordre d’expulsion du Canada. Même si la série se déroule aux États-Unis et dans un cadre fictif, plusieurs estiment que la trame narrative s’approche dangereusement de cette tragédie bien réelle.

Des familles de Humboldt dénoncent ce qu’elles perçoivent comme une récupération de leur tragédie. Michelle Straschnitzki, dont le fils Ryan a été gravement blessé et paralysé lors de l’accident, estime que la série dramatise une épreuve toujours bien présente et remet en doute l’affirmation voulant qu’il s’agisse d’une fiction, compte tenu de l’impact mondial du drame. D’autres proches disent avoir été profondément ébranlés par l’annonce du projet. Un père d’une des victimes explique que l’idée même d’une série centrée sur un accident d’autobus lui a donné l’impression de recevoir un coup de poing, ravivant immédiatement le traumatisme vécu par sa famille et par toute la communauté.
Pour ces familles, le problème ne se limite pas à une ressemblance narrative. Il s’agit d’un enjeu de respect, de mémoire et de légitimité. Plusieurs estiment que si une histoire aussi sensible devait être racontée, elle aurait dû l’être avec les personnes directement touchées, ou du moins avec leur consentement. Certains ont déjà indiqué qu’ils ne regarderont pas la série, affirmant que le drame fait encore partie de leur quotidien et qu’il n’a jamais cessé de les habiter.











