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La route 11/17 tue des gens : fin du groupe militant pour la sécurité des camionneurs

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La route 11/17 tue des gens : fin du groupe militant pour la sécurité des camionneurs

Photo de l'en-tête du groupe facebook la route 11/17 tue des gens créés par des camionneurs pour la sécurité routières.

Le groupe Facebook « La route 11/17 tue des gens » a eu un impact majeur sur la sensibilisation à la sécurité des camionneurs, particulièrement sur cette route du nord de l’Ontario, tristement connue pour sa dangerosité.

Le groupe a été fondé après un accident tragique impliquant un proche des fondateurs, Marie-Josée, une camionneuse, et s’est rapidement imposé comme une voix influente. En cinq ans, il a réuni plus de 60,000 membres qui ont travaillé ensemble pour dénoncer les risques liés à ces routes clés du réseau transcanadien.

Ces routes, les 11 et 17, sont essentielles pour le transport de marchandises à travers le pays, mais leur dangerosité pour les professionnels du transport est bien connue. Les camionneurs y sont confrontés à des défis constants, notamment la congestion, le manque d’infrastructures modernes et des conditions climatiques souvent difficiles. Même si des travaux de doublement des voies sont en cours, les progrès sont très lents, laissant les chauffeurs exposés à des accidents fréquents, parfois graves et mortels.

Le groupe a contribué à exposer ces problèmes en partageant des vidéos et photos d’accidents, ce qui a permis de capter l’attention des médias et des décideurs politiques. Des personnalités comme la députée Lise Vaugeois ont reconnu l’importance de ce travail, qui a influencé le débat sur l’amélioration des infrastructures dans cette région.

Commentaire de Lise Vaugeois sur Facebook dans le groupe de la route 11/17 Ontario, sur la sécurité des camionneurs.

Selon Patrick Leblanc, un des administrateurs du groupe, les bénévoles ont joué un rôle important en attirant l’attention sur les dangers de ces routes. Il dénonce le manque de routes sécurisées et souligne les faiblesses dans la formation des nouveaux chauffeurs. Des camionneurs qui ont des manques sévères de compétences et qui s’engagent sur ces routes, mettant la vie du public en danger et la leur, nuisant par le fait même à la réputation des routiers professionnels.

Patrick critique également les pratiques douteuses de certaines compagnies de transport qui sacrifient la sécurité des routiers pour des raisons économiques. Il appelle les citoyens à se mobiliser, à interpeller les politiciens et à exiger des solutions concrètes pour améliorer la sécurité des camionneurs et camionneuses, et de tous les usagers de la route.

« Je parcours le Canada et les États-Unis depuis 26 ans maintenant. Les camionneurs ont besoin d’endroits sécuritaires pour dormir, ils ont besoin de haltes routières propres, avec des douches propres. Il y a une partie de la population qui nous traite comme si nous étions des moins que rien. Pourtant, nous ne faisons que transporter ce que la population consomme, ce que nos industries fabriquent, etc.

Je comprends très bien qu’une certaine partie de la population soit en colère contre certains camionneurs, nous, les professionnels de la route, le sommes aussi. Le passé nous l’a montré, beaucoup de fraude dans certaines écoles de conduite à travers le pays. Il y a de la corruption à plusieurs niveaux dans l’industrie du transport. On le voit par les différents reportages et par nos propres yeux.

Comment expliquez-vous des camionneurs qui ne savent même pas comment des triangles rouges fonctionnent? » Patrick Leblanc

Malgré tout le travail accompli, les administrateurs ont décidé d’archiver le groupe. Gérer une communauté aussi vaste a demandé un engagement immense, et seuls deux membres avaient offert leur aide pour l’administration. Entre la gestion d’une communauté aussi vaste et les tensions croissantes liées à la compétence et la formation des camionneurs étrangers, les administrateurs estiment avoir rempli leur mission. Ces différends ont rendu l’administration du groupe particulièrement difficile, malgré les efforts pour maintenir un dialogue constructif.

L’archivage du groupe laisse toutefois la porte ouverte à une éventuelle réactivation si une personne compétente souhaite reprendre le flambeau. Les administrateurs remercient chaleureusement les membres pour leur soutien et leur engagement au cours de ces cinq années. Leur message final est clair : la lutte pour la sécurité routière continue, même s’ils passent désormais la main.

La communauté de TSQ tient à remercier les administrateurs du groupe et toutes les personnes impliquées pour leurs efforts soutenus dans la sensibilisation aux dangers de la route 11/17, contribuant à protéger les camionneurs et leurs familles.

Photo d'un accident démontrant les dangers pour les camionneurs de la route 11 et 17 dans le nord de l'Ontario.

La route 11/17 est l’une des plus meurtrières en Ontario pour les camionneurs, et les incidents graves, souvent impliquant des véhicules commerciaux, ont forcé de nombreuses fermetures en 2023. En septembre, une collision entre deux camions a entraîné la mort de deux personnes, illustrant la dangerosité de cette voie essentielle au réseau transcanadien.

Cette route est cruciale pour l’économie du pays, transportant des marchandises vitales, mais elle reste dangereuse en raison de son manque d’infrastructures, avec une seule voie traversant parfois des villages, et d’arrêts insuffisants pour les camionneurs. Les conducteurs doivent aussi faire face à des touristes et véhicules récréatifs mal préparés à naviguer autour des poids lourds, ce qui augmente les risques d’accidents. Si cette situation persiste, c’est l’inaction des autorités responsables qui en portera la culpabilité.

Pour garantir la sécurité des camionneurs, qui transportent des biens essentiels comme des matériaux, des produits pour les hôpitaux et de l’alimentation, il est crucial que des changements rapides soient mis en œuvre. Le manque de formation adéquate pour certains chauffeurs et l’absence de haltes sécurisées pour permettre aux routiers de se reposer sont des problèmes à résoudre d’urgence. Il est temps de sonner l’alarme et de pousser pour des solutions avant que d’autres vies ne soient tragiquement perdues.

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