Nous avons tous déjà entendu parler d’une collision douteuse d’un camionneur avec un automobiliste américain, où ce dernier, bien préparé, est prêt à tout pour presser la situation comme un citron afin d’obtenir un maximum d’argent en dédommagement. Malheureusement, ces situations sont réelles et elles se produisent encore plus souvent que nous ne pouvons l’imaginer.

C’est l’une des raisons pour lesquelles un séminaire a eu lieu la semaine dernière à Orlando, organisé par le Trucking Industry Defense Association (TIDA). Le TIDA veut mettre en place des stratégies afin d’aider les entreprises du camionnage et leurs employés à se prémunir contre ces mises en scène et les poursuites abusives, dont les firmes d’avocat aux États-Unis sont friandes.

Dans la Chronique Sécurité avec André Durocher, directeur de la sécurité chez Trans-West, nous apprenions que les états où ces événements étaient les plus importants sont la Floride et le Texas. Il y aurait même des médecins de connivence avec les firmes d’avocats, qui tentent d’orchestrer les poursuites dans le but de traiter des conditions de santé qui étaient déjà existantes avant l’accident. Les entreprises doivent donc multiplier leurs efforts de recherche d’informations sur le plaignant afin de réussir à le discréditer en cour.

C’est impossible d’être 100% à l’abri des poursuites, mais il y a des pratiques qui peuvent être mises en place afin que les verdicts fassent moins mal. Notamment, il est important que l’entreprise ait en place des politiques de sécurité bien établies, par exemple, démontrer qu’elle fait des vérifications des antécédents chez son personnel routier, apporter des correctifs dans les mesures de sécurité…

“Il y a des équipes, au sein de ces firmes, qui vont éplucher toutes les politiques de l’entreprise de transport et le dossier du chauffeur. S’il y a des discordances, par exemple, le chauffeur a commis une infraction, mais l’entreprise n’a pas sévi, elles seront utilisées contre vous lors de la poursuite.”

Investir en matière de sécurité peut indéniablement éviter des expositions abusives et des ententes financières faramineuses lors de collision aux États-Unis.

“Il vaut mieux investir en sécurité, si on ne veut pas dépenser…” explique André Durocher. “S’il survient une tragédie, on pourra être fier d’avoir fait tout ce que nous devions au préalable.”

Cette tendance aux abus serait également liée, en partie, à l’image du camionnage aux États-Unis. Que représente le camion le public? Le camion fait peur, il est imposant, méchant, dangereux et les gens ont tendance à le démoniser. Mais, ils oublient que dans ce même camion, il y a un routier qui travaille pour subvenir à ses besoins et pour supporter sa famille.

Le TIDA se penche donc sur de nouvelles perspectives afin de donner une nouvelle image à l’industrie, pour la rendre plus humaine auprès du public général. Une image plus réaliste et plus saine, le but étant de faire prendre conscience aux gens qui intentent des poursuites que des excès peuvent mener à une fermeture de l’entreprise, faire mal aux camionneurs et leur famille, ainsi qu’à la chaine d’approvisionnement dont tout le monde profite.