
Alors que Postes Canada traverse l’une des pires crises financières de son histoire, des signaux d’alarme se multiplient sur le terrain, soulevant de sérieuses questions sur les choix de l’organisation et leurs conséquences, autant pour les entreprises régionales que pour la sécurité routière.
Depuis un bon moment, des rumeurs circulent dans l’industrie du transport à propos de contrats de livraison de Postes Canada qui changeraient de mains.
Des camionneurs affirment être témoins de ces changements, tandis que certaines entreprises disent avoir carrément perdu leurs contrats au profit de nouveaux joueurs. Des noms circulent, associés à des modèles d’affaires controversés misant sur des chauffeurs à rabais pour couper les coûts.
Le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval a ramené cette réalité au cœur de l’étude parlementaire sur le stratagème Chauffeur Inc. à Ottawa. Devant le Comité permanent des transports, il a relayé les préoccupations exprimées par des entreprises de transport qui voient leurs contrats s’envoler vers des compagnies qui utiliseraient le stratagème « Chauffeur Inc ».
Il cite notamment l’exemple d’une entreprise torontoise qui aurait obtenu un contrat couvrant des régions éloignées comme Chibougamau et le Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Toute une ride de monter là-bas pour aller livrer quelques colis pour la poste… Je ne sais pas comment ils font pour rentabiliser la chose », s’est-il étonné.
Postes Canada sommée de s’expliquer
Selon le député, Postes Canada aurait initialement refusé de comparaître devant le comité, prétendant ne pas être concernée par les enjeux entourant le recours à des chauffeurs à rabais. Devant ce refus, le Bloc québécois a demandé un second vote pour forcer une nouvelle convocation. Si Postes Canada refuse encore, une convocation formelle et légale serait envoyée.
Les membres du comité souhaitent obtenir des réponses sur ce qui se passe réellement sur le terrain, et sur les critères de sélection des fournisseurs retenus par la société d’État.
Un gouffre financier sans précédent
Cette controverse éclate alors que Postes Canada fait face à une tempête budgétaire. En novembre, elle annonçait une perte de 541 millions $ au troisième trimestre de 2025, une chute historique. Pour les neuf premiers mois de l’année, les pertes totalisent 989 millions $, presque trois fois plus qu’à pareille date en 2024.
En janvier dernier, Ottawa lui avait accordé un prêt d’urgence de 1,03 milliard $ pour éviter l’insolvabilité. Ces fonds devraient être épuisés d’ici décembre. Postes Canada a confirmé qu’un nouveau plan de sauvetage serait nécessaire en 2026 pour continuer ses activités.
En plus de la concurrence féroce dans la livraison de colis, la société cite des grèves intermittentes, une baisse du volume de lettres, et la fuite de sa clientèle vers des services privés plus fiables comme principaux facteurs de ses pertes.
Le témoignage attendu de Postes Canada devant le comité pourrait enfin offrir un peu plus de transparence sur les pratiques actuelles et les critères d’octroi de contrats. Ce moment sera suivi de près par les travailleurs de l’industrie, les entreprises régionales et les élus, partout au pays.
Xavier Barsalou-Duval sera avec nous ce soir à la radio de Truck Stop Québec pour aborder en profondeur ce dossier et partager les plus récents développements. Soyez à l’écoute!
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