
Le projet de troisième lien entre Québec et Lévis change encore de forme. Abandonnant l’idée d’un pont à l’est, près de l’île d’Orléans, comme annoncé en 2024, le gouvernement Legault propose désormais une infrastructure hybride : un pont qui franchirait le fleuve à partir de Lévis et qui se transformerait en tunnel à son arrivée dans la capitale.
Cette nouvelle mouture fait partie d’un corridor central d’environ 11 kilomètres reliant l’autoroute 20 à Lévis et l’autoroute 40 à Québec.
Le tracé initial vers l’est a été abandonné en raison de plusieurs contraintes majeures : la longueur du pont envisagé (5,8 km), l’obligation de laisser un passage de 20 mètres pour les bateaux de croisière et l’impact visuel sur le Vieux-Québec, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le corridor central, bien que plus court (pont de 2,8 km), pose aussi des défis techniques importants. Il nécessiterait une autoroute en tranchée du côté de Lévis, et un tunnel pour traverser la haute-ville de Québec.
Selon les premières estimations, la portion souterraine du lien pourrait varier entre 1,85 et 3,6 kilomètres, avec une sortie envisagée dans le secteur Saint-Sauveur. Toutefois, le ministère des Transports n’a pas encore précisé comment ce lien s’intégrerait au réseau routier existant ni quel scénario serait retenu.

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ Infra), qui ne recommandait pas la construction d’un lien autoroutier, avait d’ailleurs identifié plusieurs enjeux techniques et environnementaux liés à ce corridor.
Malgré ces réserves, le gouvernement soutient que ce nouveau tracé représente la meilleure option au meilleur coût. En conférence de presse, la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, a affirmé que le projet est essentiel pour répondre aux besoins du « vrai monde » et améliorer la fluidité du transport régional. Elle n’a toutefois fourni aucune donnée concrète pour démontrer les gains de temps ou les avantages pour le transport collectif, qu’elle dit vouloir favoriser sans en expliquer les modalités.
La ministre a également déclaré que la CAQ est le seul parti capable de mener le projet à terme, accusant les partis d’opposition de le mépriser. Elle souhaite rendre la réalisation du projet irréversible avant les élections de 2026. Si un futur gouvernement décidait d’y mettre fin, il pourrait devoir assumer d’importantes pénalités, a-t-elle averti. Les coûts précis restent à être dévoilés lors de la présentation finale à l’automne.
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