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Camions et consommation de carburant : Ce que disent vraiment les chiffres

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Camions et consommation de carburant : Ce que disent vraiment les chiffres

Rangée de camions lourds stationnés dans un truck stop, illustrant les réalités quotidiennes des flottes face aux enjeux de consommation de carburant.

À mesure que les coûts du carburant grimpent, les fabricants et les flottes redoublent d’efforts pour améliorer l’efficacité énergétique de leurs camions.

Mais malgré des milliards investis dans les technologies vertes, la réalité sur le terrain est loin d’être aussi simple. Voici un aperçu des chiffres qui illustrent ce qui influence concrètement la consommation de carburant.

Selon l’American Transportation Research Institute, la moyenne pour un semi-remorque en opération tourne autour de 7 mi/gal (environ 33 L/100 km). Pour un camion à benne, on parle de 5 à 6 mi/gal, tandis qu’un camion cube peut atteindre les 13 mi/gal. Des chiffres qui confirment ce que les pros constatent tous les jours sur la route. Et ce n’est qu’un aperçu, car quand on plonge dans les données, les écarts deviennent encore plus intéressants.

Choix de moteurs

Côté motorisation, les progrès sont bien réels. Par exemple, le moteur Cummins X15 a été repensé pour réduire les frictions internes, comme celles créées par les pistons lorsqu’ils bougent dans le moteur, et pour mieux gérer la chaleur, ce qui rend l’ensemble plus efficace. Moins de friction, c’est moins d’énergie gaspillée, donc moins de carburant consommé.

Chez Volvo Trucks, le moteur D13 VGT utilise un piston redessiné, un injecteur plus précis et une pompe à huile qui s’adapte à la charge du moteur. Résultat : une économie de carburant de 3%, ce qui peut représenter des milliers de litres économisés par année dans une grande flotte. Ces petits ajustements mécaniques ont donc un impact bien réel sur les coûts de carburant.

Poids et consommation : chaque tonne compte

Dans les camions lourds, réduire le poids de quelques centaines de kilos aide vraiment à économiser du carburant. Selon une étude de la NHTSA, un gain de 1,000 lbs permet de réduire la consommation de 0,5% à 1% pour un ensemble tracteur-remorque de 80,000 lbs roulant en longue-distance. Si une flotte parvient à alléger son équipement de 3,000 lbs, elle peut donc gagner jusqu’à 3% d’efficacité, ce qui se traduit par des milliers de litres de carburant économisés par an.

Ces chiffres reflètent bien la réalité; alléger un camion lourd aide concrètement à réduire les coûts de carburant, notamment sur les longs trajets. Cela explique pourquoi les constructeurs investissent dans des composants plus légers (aluminium, composites) pour optimiser la performance.

Habitudes de conduite

Du côté de la conduite, le style du chauffeur peut faire varier la consommation jusqu’à 12%, selon les données compilées par TruckWings. Accélérations brusques, freinages secs et vitesses élevées forcent le moteur à produire plus d’efforts. Par exemple, chaque tranche de 5 mi/h au-delà de 50 mi/h fait chuter le rendement de 7%, un impact qui s’accumule vite! De plus, un camion immobilisé consommerait en moyenne 0,85 gallon de carburant par heure d’inactivité.

Environnement et météo

Le terrain pèse dans la balance. Les routes en pente ont un impact marqué sur la consommation des camions lourds et dans certaines conditions, la consommation peut chuter de façon importante, selon ConMet. De plus, chaque 1,000 pieds d’élévation (environ 300 mètres) peut entrainer une perte allant jusqu’à 3% de puissance moteur.

Rouler sur des routes en mauvais état finit par coûter cher aux transporteurs. Une chaussée abîmée augmente la résistance au roulement, ce qui oblige le moteur à travailler plus fort et fait grimper la consommation de carburant. Selon le NACFE, cette résistance supplémentaire peut atteindre jusqu’à 20% sur certains segments. À cela s’ajoutent les conséquences mécaniques; les vibrations causées par les nids-de-poule, les fissures et les raccords inégaux accélèrent l’usure des pneus, des suspensions et des composantes du châssis. Sur le long terme, ces conditions entrainent plus de bris, plus d’entretien… des coûts d’exploitation plus élevés. Bref, des routes mal entretenues, c’est non seulement désagréable à conduire, mais c’est aussi un fardeau financier supplémentaire pour les flottes.

La météo influence également les performances. Des vents de face ou de côté de 10 mi/h peuvent réduire l’efficacité jusqu’à 13%. Une pluie légère peut augmenter la consommation de 0,2 à 0,3 mi/gal, simplement par la résistance exercée sur les pneus. En hiver, le froid plus dense accroit la résistance au vent de 11%.

Optimiser plutôt que subir

Si tout cela peut sembler décourageant, certaines flottes y voient plutôt une occasion. L’usage de technologies comme les jupes de remorque, les régulateurs intelligents et l’analyse télématique permet de tirer le maximum de chaque goutte de carburant. Et plusieurs entreprises y parviennent déjà avec des résultats très concrets.

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