
L’industrie du camionnage est en ébullition depuis l’annonce d’un projet de loi qui permettrait à la province d’imposer des péages aux camions commerciaux étrangers transitant vers l’Alaska.
Déposé le 13 mars par le premier ministre David Eby, le projet Economic Stabilization (Tariff Response) Act accorde de nouveaux pouvoirs au gouvernement, incluant la possibilité d’appliquer des péages sur les infrastructures provinciales.
Des mesures ciblées mais controversées
L’objectif du projet de loi est de doter la Colombie-Britannique d’outils permettant de réagir rapidement à des menaces économiques en provenance des États-Unis. Parmi ces outils, l’imposition de droits de passage aux véhicules commerciaux étrangers empruntant les infrastructures provinciales, comme les autoroutes.
Selon le gouvernement, environ 10,000 camions commerciaux américains se rendent chaque année en Alaska en passant par la Colombie-Britannique, soit une moyenne d’environ 28 camions par jour. Ces transporteurs pourraient bientôt devoir payer des frais pour traverser la Colombie-Britannique.
L’industrie du transport sonne l’alarme
La British Columbia Trucking Association (BCTA) s’oppose vigoureusement à ce projet de loi. Son PDG, Dave Earle, craint que ces mesures ne provoquent des représailles économiques de la part des États-Unis, compromettant ainsi les relations commerciales avec le principal partenaire économique de la province.
« L’intention de protéger nos industries locales peut sembler noble, mais les conséquences d’un conflit commercial pourraient être bien plus dommageables que les bénéfices espérés », a-t-il déclaré à CTV News (traduit de l’anglais).
Une stratégie politique protectionniste?
David Eby défend son projet de loi en affirmant qu’il s’agit d’une réponse nécessaire aux menaces économiques imprévisibles venant de l’administration de Donald Trump. Il en appelle d’ailleurs à la solidarité des élus républicains d’Alaska pour faire pression sur Washington, soulignant l’interdépendance entre les économies de l’Ouest canadien et de l’Alaska. Il leur demande de faire pression sur le président américain afin que celui-ci retire toute imposition de ses tarifs à l’endroit de la province.
Le gouvernement a déjà commencé à appliquer certaines mesures en réaction aux tensions avec les États-Unis :
- Retrait des produits américains dans les succursales de la BC Liquor;
- Priorisation des fournisseurs non américains dans les achats gouvernementaux;
- Retrait des rabais CleanBC et BC Hydro pour les bornes de recharge Tesla achetées après le 12 mars.
Une escalade des tensions commerciales à l’horizon?
Si le projet de loi est adopté, le gouvernement de la Colombie-Britannique pourra aller plus loin :
- Supprimer les obstacles au commerce interprovincial;
- Interdire l’achat de produits américains par les organismes publics;
- Réagir plus rapidement si les tensions commerciales augmentent.
L’industrie du transport routier surveille de près cette situation, craignant des effets domino pour les camionneurs, les expéditeurs et les chaînes d’approvisionnement déjà fragilisées.











