
Le Parlement ontarien s’apprête à prendre une pause parlementaire hivernale de 14 semaines, moins de deux mois après être revenu d’un congé d’été de 19 semaines.
Selon le leader parlementaire du gouvernement, Steve Clark, les travaux à Queen’s Park ne reprendront que le 23 mars.
Cette décision est critiquée par les partis d’opposition, qui estiment qu’une interruption aussi prolongée limite la capacité de l’Assemblée à débattre de dossiers urgents et à assurer une reddition de comptes adéquate.
Habituellement, les députés provinciaux reprennent leurs travaux à la mi-février, après la fête de la Famille. Steve Clark a défendu ce calendrier en affirmant que le travail parlementaire se poursuit dans les circonscriptions et que plusieurs lois ont été adoptées lors de la courte session d’automne.
En 2025, toutefois, l’Assemblée législative de l’Ontario n’aura siégé que 51 jours, un nombre jugé insuffisant par l’opposition pour traiter de dossiers complexes touchant directement la sécurité et l’économie.
Cette pause prolongée survient alors que le secteur du transport routier en Ontario traverse une période particulièrement difficile. Depuis plusieurs mois, des groupes, par exemple, le Caledon Community Road Safety Advocacy (CCRSA) Group, tirent la sonnette d’alarme sur la multiplication des stratagèmes liés aux chauffeurs inc., la présence de cours de camionnage illégales, ainsi que la circulation de conducteurs insuffisamment formés sur les routes provinciales.
« Comment peut-on espérer faire avancer les choses comme ça? Combien de temps ces gens-là prennent-ils en congé? Et pendant ce temps, comment va-t-on faire pour fermer ces cours de camionnage illégales? », écrit Carmela Anzelmo-Palkowski, du CCRSA.
Pour les membres du CCRSA, les pratiques dénoncées dépassent largement la simple non-conformité et constituent une négligence aux conséquences potentiellement mortelles, tant pour les usagers de la route que pour les résidents des communautés touchées, notamment à Caledon, en périphérie de Brampton, souvent identifiée comme un foyer du phénomène Chauffeur Inc.
L’Ontario Trucking Association (OTA) a elle-même reconnu à plusieurs reprises que l’industrie fait face à d’importants défis, notamment en ce qui concerne la formation, la conformité et la sécurité.
Dans le Nord de l’Ontario, ces enjeux prennent une dimension dramatique. Les routes 11 et 17, régulièrement citées parmi les plus dangereuses de la province, et même du pays, sont des artères vitales pour le transport des marchandises au Canada et pour la survie des communautés. Or, avec l’arrivée de l’hiver, ces corridors déjà meurtriers deviennent encore plus imprévisibles. Pour plusieurs acteurs du milieu, il ne s’agit plus seulement d’un problème d’infrastructure ou de météo, mais d’une accumulation de négligences qui expose quotidiennement des vies humaines à des risques inacceptables.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs du milieu du transport s’inquiètent du décalage entre l’ampleur des problèmes sur le terrain et le ralentissement des travaux parlementaires à Queen’s Park. Alors que le transport routier demeure vital pour l’économie ontarienne et canadienne, et l’approvisionnement des régions, l’accumulation de pratiques problématiques, combinée aux conditions hivernales, accentue les préoccupations liées à la sécurité.
Pour les camionneurs comme pour les autres usagers de la route, l’hiver marque le début d’une période à haut risque, alors que les enjeux structurels du transport en Ontario restent largement non résolus.











