
Malgré une rencontre tenue lundi avec le chef de cabinet et un conseiller politique de la ministre des Transports et vice-première ministre Geneviève Guilbault, les représentants de l’Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI) n’ont pas obtenu gain de cause.
L’ANCAI réclamait le rétablissement d’une clause présente depuis 15 ans dans les mandats de la Société québécoise des infrastructures (SQI), qui exigeait l’embauche de 50% de ses membres lorsque les camions de l’entrepreneur principal étaient insuffisants.
Or, cette clause a été retirée il y a environ un an, ce que l’Association juge préjudiciable pour le camionnage régional. Elle soutient qu’il s’agit d’une mesure sans coût pour le gouvernement, mais essentielle pour assurer des retombées économiques locales et préserver la relève.
Face à l’absence d’avancées concrètes, les membres de l’ANCAI ont confirmé, lors d’une rencontre tenue mercredi à Saguenay, le maintien de la manifestation prévue à Québec le 14 mai 2025. L’organisation affirme que seule une intervention du bureau du premier ministre pourrait encore dénouer l’impasse.
Des convois de camionneurs sont attendus dans la capitale, et des perturbations importantes sont à prévoir.
Ce que revendiquent les camionneurs artisans de l’ANCAI
Depuis plusieurs années, les membres de l’ANCAI réclament une réforme en profondeur du système de transport en vrac au Québec. Voici les principaux éléments au cœur de leurs revendications :
- Réserver le courtage en vrac aux organismes à but non lucratif accrédités par la Commission des transports du Québec, y compris dans les projets réalisés en mode collaboratif ou en partenariat public-privé (PPP), afin d’éviter tout contournement des règles;
- Réintroduire des clauses favorisant les camionneurs régionaux dans les appels d’offres publics, particulièrement ceux liés aux projets d’infrastructure gérés par la Société québécoise des infrastructures (SQI);
- Renforcer la surveillance des donneurs d’ouvrage publics, notamment en appliquant les recommandations formulées par la Vérificatrice générale du Québec et l’Autorité des marchés publics;
- Lutter contre l’évasion fiscale et les pratiques illégales, en exigeant que tous les transporteurs soient soumis aux mêmes règles de conformité;
- Protéger l’intégrité des marchés publics en s’assurant que le transport en vrac demeure un secteur transparent, équitable et régionalisé;
- Reconnaître officiellement le rôle des camionneurs artisans lors des situations d’urgence, comme les inondations ou les tempêtes, en assurant leur intégration dans les mécanismes de réponse gouvernementale et en valorisant leur apport essentiel;
- Corriger le déséquilibre économique entre les grandes firmes privées et les camionneurs artisans, afin de protéger les petites entreprises régionales et de maintenir une concurrence équitable dans le domaine du transport en vrac.
Pour les camionneurs artisans, ces changements ne sont pas qu’une question de survie économique : ils concernent aussi la justice sociale et l’intégrité des institutions publiques.
Les camionneurs artisans de l’ANCAI préparent une manifestation massive











