
Le gouvernement du Québec intensifie ses efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) en ciblant spécifiquement l’industrie du camionnage.
Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a récemment présenté le projet de loi 81, visant à imposer aux constructeurs de véhicules lourds des quotas de vente de véhicules zéro émission (VZE). Cette initiative s’inspire des mesures déjà en place pour les véhicules légers et s’inscrit dans l’objectif provincial d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.
Un secteur à forte émission
Le transport routier est le principal contributeur aux émissions de GES au Québec, représentant 34% des émissions totales en 2020. Les véhicules lourds, tels que les camions de transport de marchandises, sont responsables d’une part significative de ces émissions. Selon les données du ministère de l’Environnement, les émissions du transport lourd routier ont augmenté de 61% entre 1990 et 2021, passant de 4,2 à 6,8 millions de tonnes d’équivalent CO₂.
Les dispositions du projet de loi 81
Le projet de loi 81 propose d’obliger les constructeurs vendant ou louant plus de 50 véhicules lourds par an à atteindre des quotas croissants de VZE ou de véhicules à faibles émissions (VFE). Un système de crédits sera mis en place, attribuant des points pour chaque modèle conforme, et les constructeurs devront accumuler un nombre déterminé de crédits pour chaque année modèle. Des sanctions sévères sont prévues en cas de non-respect, avec des amendes pouvant atteindre 3 millions de dollars.
Vers une transition énergétique
Cette législation reflète la volonté du Québec de réduire son empreinte carbone et de promouvoir l’adoption de technologies plus propres dans le secteur du transport. En encourageant la production et l’utilisation de véhicules lourds électriques ou à faibles émissions, le gouvernement espère diminuer significativement les GES et respecter ses engagements environnementaux.
Défis et perspectives
La transition vers des véhicules lourds zéro émission pose des défis, notamment en termes de coûts, d’infrastructures de recharge et de disponibilité des technologies. Cependant, des initiatives telles que le Plan de mise en œuvre 2023-2028 du gouvernement du Québec prévoient des investissements pour soutenir cette transition et atteindre les objectifs climatiques fixés.
Suspension du programme Écocamionnage
La suspension du programme Écocamionnage met en lumière les défis auxquels le gouvernement est confronté dans la réalisation de ses ambitions climatiques. Si cette pause illustre les limites budgétaires et logistiques d’un tel programme, elle envoie également un signal ambigu à l’industrie et aux citoyens quant à la cohérence des actions gouvernementales en matière de transition énergétique.
D’un côté, les mesures comme le projet de loi 81 démontrent une volonté ferme de réduire les émissions de GES, mais de l’autre, le retrait temporaire d’un incitatif clé risque de freiner l’élan vers l’électrification et de miner la confiance des acteurs économiques. Cette situation reflète l’envers de la médaille dans la prise de décision gouvernementale : un équilibre fragile entre les contraintes financières et la nécessité d’actions cohérentes pour atteindre les objectifs environnementaux…











