
Transport par camion : Une formation qui se distingue sur le marché du travail | Au Centre de formation en transport de Charlesbourg (CFTC), former un camionneur ne se résume pas à lui apprendre à conduire.
C’est aussi lui transmettre avec passion une façon d’exercer le métier, des valeurs et une vision durable de la profession.
C’est sur cette base que repose le DEP Transport par camion offert par le centre, une formation pensée pour donner aux futurs conducteurs des fondations solides avant leur entrée dans l’industrie. Le programme compte 615 heures, ce qui en fait la formation la plus complète et reconnue en Amérique du Nord!
Cette approche suscite de l’intérêt bien au-delà du Québec, au point où d’autres provinces viennent s’en inspirer. Ce temps de formation permet aux élèves d’assimiler les notions, de pratiquer adéquatement et de développer un jugement professionnel avant d’entrer sur le marché du travail. Ils n’arrivent pas avec l’expérience du terrain propre au travail en entreprise, mais avec une expérience pratique substantielle, qui leur donne une longueur d’avance pour se développer plus rapidement en entreprise, de façon sécuritaire et structurée. Pour les transporteurs, cela se traduit par des recrues mieux préparées et plus prévisibles dès le départ.
Et pour les élèves, cette formation est offerte à un coût « symbolique »…
C’est-à-dire, moins de 100$!
Formation en ligne et accessibilité
Au CFTC, la formation n’est pas pensée selon un modèle unique. Le centre s’adapte aux réalités du camionnage et à celles de sa clientèle. Il est en mesure d’offrir des formations même lorsque les cohortes sont plus petites ou situées à l’extérieur des grands centres, ce qui permet de répondre aux besoins partout au Québec. Cette flexibilité est appuyée par une offre de formation en ligne bien établie, avec déjà près de 40 formations offertes cette année, facilitant l’accès pour les personnes qui ne peuvent intégrer une cohorte régulière en présentiel.
Reconnaissance des acquis et des compétences (RAC)
La reconnaissance des acquis et des compétences ne vise pas à refaire la formation complète d’un chauffeur d’expérience. Elle permet plutôt de reconnaître officiellement ce qui est déjà maîtrisé et de mettre à jour les pratiques selon les exigences actuelles. Pour un conducteur qui possède déjà de l’expérience, le processus peut se compléter en une seule journée. Il s’agit surtout d’une mise à niveau ciblée en matière de sécurité, de réglementation et de bonnes pratiques, plutôt que d’un apprentissage à partir de zéro.

« Aujourd’hui, les assurances demandent beaucoup de critères, et la reconnaissance des acquis aide énormément les chauffeurs à répondre à ces exigences », explique Dave Beaulieu, directeur adjoint du CFTC.
Concomitance DEP-DES
Le CFTC propose aussi des parcours adaptés aux jeunes et à la relève, notamment grâce aux programmes de concomitance DEP-DES. Ces formules permettent aux élèves d’obtenir leur diplôme d’études secondaires tout en complétant un DEP, et d’entrer progressivement dans le métier dans un cadre structuré. En offrant cette possibilité tôt dans le parcours scolaire, le centre rejoint des jeunes qui, autrement, risqueraient de s’éloigner du milieu de la formation. Cette approche contribue à attirer une relève plus jeune dans une industrie qui en a grandement besoin et à assurer un meilleur renouvellement de la main-d’œuvre à long terme.
Programme enrichi d’accès à la conduite de véhicules lourds (PEACVL)
Le PEACVL s’adresse à des personnes qui souhaitent accéder à la conduite de véhicules lourds dès l’obtention du permis probatoire. Le programme permet d’amorcer une formation menant à l’obtention de la classe 1, tout en étant jumelé à une entreprise participante.
La période d’apprentissage en milieu de travail favorise une entrée progressive et réaliste dans le métier. Elle permet aussi une meilleure intégration en entreprise et, dans bien des cas, un taux de rétention plus élevé, puisque les élèves sont formés dès le départ selon les pratiques, la culture et les attentes de l’employeur qui leur donne leur première chance.

« L’an dernier, nous avons terminé l’année avec 111 élèves ayant complété le PEACVL. En date de février, 88 élèves sont déjà inscrits, alors que l’année 2026 est loin d’être terminée », explique la directrice adjointe, Véronique Bradley.
Pas de mention M? Et alors!
Des élèves se heurtent encore à des refus de la part de certains employeurs à la fin de leur formation en raison de l’absence de la mention M (transmission manuelle) sur leur permis de conduire. Cette réticence peut se comprendre chez des transporteurs dont les flottes comptent encore des camions à transmission manuelle. Toutefois, dans bien des cas, cette perception persiste même lorsque l’environnement de travail est désormais automatisé.
Les élèves qui complètent leur DEP sans la mention M ne sont pas moins compétents. Ce choix n’est pas lié à un manque de capacité, mais reflète l’évolution du marché. Les transmissions automatisées dominent aujourd’hui les flottes, les camions de location et une grande partie du parc de véhicules lourds, ici comme ailleurs dans le monde.
Dans ce contexte, ces diplômés développent une approche pleinement cohérente avec la réalité actuelle du métier. Leur attention se concentre davantage sur la conduite, l’anticipation, l’environnement routier, la sécurité et la gestion globale du véhicule. Plusieurs formateurs observent que cette focalisation favorise une intégration plus fluide et plus rapide de la matière.
Pour les transporteurs dont les opérations reposent sur des véhicules automatisés, refuser un candidat uniquement en raison de l’absence de la mention M revient souvent à se priver d’un finissant bien formé, outillé et capable de devenir une réelle valeur ajoutée. Composer avec les nouvelles tendances du marché, c’est aussi savoir reconnaître le potentiel là où il se trouve!
50 ans de formation en transport
À l’occasion de ses 50 ans, le CFTC rappelle qu’une formation rigoureuse demeure la base d’une industrie plus sécuritaire et mieux préparée pour l’avenir. Un rôle qu’il continue d’assumer, génération après génération.











