
Dans l’univers du camionnage, un domaine traditionnellement dominé par les hommes, Marianne Tremblay Gonthier se distingue comme un modèle de détermination et d’ambition. Ayant débuté sa carrière en tant que ferblantière dans le domaine de la construction, elle a non seulement fait sa place dans cet environnement exigeant, mais a également poursuivi son rêve de devenir camionneuse. Son parcours illustre comment les barrières de genre dans les métiers traditionnels peuvent être franchies avec audace et persévérance.
Atteinte de fibrose kystique, Marianne a démontré une résilience exceptionnelle dans sa lutte contre la maladie. En 2020, un épisode particulièrement éprouvant a réduit sa capacité pulmonaire à seulement 32%. Cette période difficile l’a confrontée à une remise en question sérieuse et à la perspective d’une transplantation pulmonaire comme seul moyen de survie. Malgré ces défis, Marianne a trouvé la force de surmonter cette épreuve, soutenue par l’homme qui deviendrait son mari. Pendant cette période, elle a dépendu d’une assistance respiratoire à domicile, connectée à son concentrateur d’oxygène par un tube nasal pendant six mois, avant de finalement remonter la pente.
Stéphane Blondin, l’homme qui a pris soin de Marianne avec amour et qui est devenu camionneur après une formation au CFTR de Joliette, a éveillé en elle un désir croissant d’embrasser cette voie. Observant son mari au travail, Marianne s’est rendu compte qu’elle était capable de relever ce défi. Cette prise de conscience est survenue alors que son métier de ferblantière devenait physiquement trop exigeant.
Avec une santé améliorée, Marianne n’a pas hésité. Elle a saisi l’opportunité de réaliser son rêve d’enfance de devenir camionneuse. Son inscription au CFTR, encouragée par son mari, a été un tournant décisif. Armée d’une volonté inébranlable, elle a relevé les défis de la formation, notamment les manœuvres de reculons, qui étaient particulièrement difficiles pour elle comme pour d’autres étudiants en transport par camion.
Marianne, qui se décrit comme ayant une « tête de cochon », aime les défis. Cette nature intrépide et la résilience que la maladie lui a enseignée lui ont permis de faire face à l’intimidation de ces gros camions avec une ambition renforcée. Les obstacles rencontrés au CFTR n’ont fait que renouveler sa détermination. Elle a brillamment terminé son DEP le 27 octobre dernier.

Aujourd’hui, Marianne termine sa formation en entreprise et s’apprête à gagner sa vie sur la route de Montréal à Mont-Laurier, affirmant sa place dans le monde du camionnage. Chacune de ses réussites et chaque kilomètre qu’elle s’apprête à parcourir sont un message d’encouragement pour toutes les femmes aspirant à des carrières non traditionnelles. Son parcours démontre que les barrières de genre dans le milieu professionnel peuvent être surmontées, même face à d’importants défis personnels.
« Je suis une fille de la Gaspésie et pour moi, être derrière le volant, c’est la liberté! » a-t-elle déclaré sur les ondes de Truck Stop Québec. Son message pour les autres femmes qui souhaitent intégrer l’industrie du camionnage? « Vis tes rêves et fonce la tête haute! »











