
Un train de VIA Rail transportant 124 passagers a déraillé à Saint-Alexandre-de-Kamouraska dans la nuit du 12 janvier 2026 après être entré en collision avec l’une des deux remorques qui avaient été reculées trop loin dans la cour du client Aliments Asta, un établissement d’abattage situé près de la route 289.
Les deux camions et leurs remorques, stationnés à proximité de la voie ferrée, dépassaient en partie sur l’emprise ferroviaire lorsqu’un train en provenance de Montréal et à destination de Halifax est arrivé et a percuté l’une des remorques, provoquant le déraillement des locomotives et de plusieurs wagons.
Aucun passager ni conducteur de camion n’a été blessé, malgré l’importance de l’impact.
Selon les premières informations, les remorques ont dépassé les limites de la cour sans que les chauffeurs ne s’en aperçoivent. Le train, engagé sur la voie, a percuté l’une des remorques, entraînant le déraillement et dispersant des débris sur une grande distance.
L’enquête est toujours en cours et Transports Canada, ainsi que les autorités québécoises, cherchent à déterminer comment deux remorques ont pu se retrouver en partie sur une ligne active.
L’incident soulève par ailleurs plusieurs interrogations quant aux mesures de prévention possibles autour d’une emprise ferroviaire, notamment sur l’absence d’éléments physiques pour empêcher des véhicules de dépasser la limite du terrain, comme une clotûre ou encore, des blocs de béton. Ces questions font désormais partie des réflexions dans l’industrie, alors que les détails entourant la manœuvre restent à éclaircir.
Au moins un des deux camions était lettré aux couleurs de Harman Group (HGC), selon les photos prises sur place. Il s’agit du même transporteur impliqué en 2022 dans un carambolage mortel où une mère et son fils avaient perdu la vie.
Marc Cadieux, président de l’Association du camionnage du Québec, a réagi fortement au 98,5 FM.
« On fait beaucoup appel à de la main-d’œuvre inexpérimentée. Cette compagnie a fait l’objet d’un accident impliquant un chauffeur qui avait quitté après un événement, après avoir tué deux personnes, Nancy Lefrançois, 42 ans, et son fils Loïc, lors d’un carambolage. Cette personne a été ramenée au Canada en vertu d’un mandat international et a comparu au palais de justice de Longueuil l’été dernier. Donc il y a beaucoup de questions à se poser… »
Un simple tour complet des camions et remorques aurait probablement permis de constater que les unités dépassaient sur la voie. Mais un autre enjeu préoccupe Marc Cadieux : l’absence des Contrôleurs routiers du Québec lors des vérifications sur place.
« Il est triste de dire que lors de cet incident-là, on n’a pas fait appel aux Contrôleurs routiers (CRQ) pour aller faire, évidemment, une enquête plus exhaustive. C’est un corps constabulaire qui a une compétence dans notre industrie, qui est formé, mais à chaque fois qu’il y a un incident, c’est la première chose que je demande. Est-ce que les Contrôleurs routiers ont été invités à aller faire certaines vérifications de conformité? Et souvent, on me dit non, les policiers ne les ont pas appelés. »
Plusieurs acteurs de l’industrie estiment depuis longtemps que ce transporteur fonctionne avec le stratagème des chauffeurs à rabais. Si cela est confirmé pour les deux conducteurs impliqués dans le déraillement, le débat sur la sécurité et les pratiques de main-d’œuvre pourrait prendre une nouvelle ampleur.












