Groupe Transwest

Home Nouvelles Contrôleurs routiers : une entente décisive après des années de négociation

Contrôleurs routiers : une entente décisive après des années de négociation

0
Contrôleurs routiers : une entente décisive après des années de négociation

Image montrant deux véhicules de Contrôle routier Québec stationnés en hiver, avec à droite le président de la Fraternité, Jean-Claude Daignault. Sur l’image, le texte “Contrôleurs routiers : une entente décisive après des années de négociation” apparaît, accompagné du logo Truck Stop Québec.

Après avoir obtenu récemment le droit d’être armés pour assurer leur sécurité, les contrôleurs routiers du Québec franchissent une autre étape importante : leurs membres ont approuvé l’entente de principe visant à renouveler leur convention collective.

Lors des assemblées des 2 et 3 décembre, 277 membres sur 293 ont exercé leur droit de vote, soit un taux de participation de 94,5%.

« C’est un taux de participation très, très haut, au niveau syndical. C’est rare qu’on voit ça », commente Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité des constables de Contrôle Routier Québec (FCCRQ). De ce nombre, 73% se sont prononcés en faveur de l’entente.

Cette ratification survient après une longue période de négociations amorcée suivant l’échéance de la convention collective en mars 2023. Une première entente conclue en avril 2025 avait été rejetée par les membres, forçant un retour à la table afin de régler les enjeux jugés prioritaires : la prime de fidélisation, la conciliation travail-famille et le dossier des lieutenants.

« La problématique qu’on a depuis des années à Contrôle Routier Québec, c’est que pour garder un contrôleur routier, il faut en former quatre. Ça coûte extrêmement cher », explique Jean-Claude Daignault à Truck Stop Québec. « On a expliqué au gouvernement que ça prend quelque chose qui va retenir nos contrôleurs routiers plus longtemps, car si on les envoie à l’École nationale de police pendant 21 semaines, ça coûte une fortune. Et après 6 ou 7 ans, ils quittent pour travailler dans les compagnies de transport, car c’est mieux payé là-bas… »

La nouvelle entente prévoit une prime de fidélisation versée en deux temps, ce qui permettra aux constables ayant moins d’ancienneté d’obtenir plus tôt une reconnaissance financière et une motivation supplémentaire pour demeurer au sein des effectifs.

Au-delà des salaires et des primes, la question de la rétention demeure centrale. Selon M. Daignault, le coût d’embauche d’un contrôleur dépasse 100,000$, en incluant la formation et l’hébergement, un montant qui augmentera encore avec la formation obligatoire liée au port de l’arme de service. Cette réalité a fortement pesé dans la volonté syndicale d’obtenir des conditions capables de stabiliser les effectifs et de réduire les départs.

Le règlement du dossier du port d’armes a aussi contribué à apaiser le climat interne. Depuis une décision du Tribunal administratif du travail au printemps, les contrôleurs étaient confinés aux postes fixes, incapables d’intervenir sur le réseau. Cette situation a pesé sur le moral des équipes.

« Depuis le jugement du mois de mars, être stationné dans une balance, jusqu’au mois de mars prochain disons, sans avoir de lumière… Le gouvernement a décidé de nous armer donc nous avons eu la lumière au bout du tunnel, et là, la convention qui est réglée, ça donne encore plus de lumière. » La Fraternité estime que cette avancée, combinée à la nouvelle entente, redonne un élan positif à la profession.

Pour Jean-Claude Daignault, cette entente marque un moment inédit dans l’histoire récente du corps de Contrôle Routier. « J’ai été vice-président, président, et j’ai été directeur syndical avant ça aussi. Ça va être la première fois depuis 25 ans qu’on va avoir deux ans de paix sociale à Contrôle Routier, parce qu’on a tout le temps été en négociation. Les conventions étaient de trois ans dans le passé, là, c’en est une de cinq ans. Mais imaginez, si c’était une convention de trois ans, je serais déjà en train de préparer ma prochaine négo ! »

Si la ratification finale suit son cours au Conseil de direction puis auprès des membres, les contrôleurs pourraient ainsi tourner la page sur un cycle de négociations quasi ininterrompu.

Alors que cette entente ouvre la voie à une rare période de stabilité au sein de Contrôle routier Québec, le travail des constables ne s’arrête pas là. Dans les prochains mois, ils devront aussi préparer un mémoire en prévision de l’enquête publique du coroner portant sur les accidents mortels impliquant des véhicules lourds au Québec. Leur expertise sera sollicitée pour éclairer les enjeux de sécurité routière et contribuer à l’analyse des événements ayant mené à ces tragédies, un rôle qui s’ajoute à leurs responsabilités opérationnelles au moment où la profession amorce une nouvelle phase de consolidation.

Lire plus : 

Le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Jonatan Julien, et le ministre de la Sécurité Publique, Ian Lafrenière, ont annoncé aujourd’hui une avancée majeure pour les contrôleurs routiers du Québec (CRQ) : leur retour prochain sur la route après plusieurs mois d’attente, accompagné de l’autorisation officielle du port d’arme à feu.

ashtelecall