
Depuis la décision du Tribunal administratif du travail (TAT) empêchant les agents de Contrôle Routier Québec de patrouiller sur le réseau tant qu’ils ne sont pas armés, la situation dégénère rapidement sur le terrain. Jean-Claude Daignault, président de la Fédération des Constables de Contrôle Routier du Québec (FCCRQ), tire la sonnette d’alarme.
Plus de 2,000 chauffeurs par semaine passent tout droit sans s’arrêter aux postes de contrôle, même lorsque les feux sont allumés. Et la période de dégel est sur le point de débutée!
Et ce chiffre est conservateur, précise Daignault. Cette perte de contrôle sur les routes survient alors que les balances demeurent le seul point d’intervention possible pour les agents, désormais privés de la possibilité d’intercepter ou de poursuivre les contrevenants.
« Dès le départ, j’ai eu des appels comme quoi beaucoup de chauffeurs de camions ne se présentent pas aux postes de contrôle même si les feux sont ouverts. Il y en a aussi qui se présentent au poste de contrôle, mais quand ils arrivent à la pesée, ou dans la rangée pour les remorques vides, on leur met une flèche pour aller en arrière, pour les rencontrer, et il y en a qui continuent tout droit. Il y en a qui nous envoient la main! Comme pour dire salut, bye! », raconte-t-il.
Face à ces comportements, les agents sont impuissants. Toutefois, la FCCRQ prévoit des moyens de réagir.
« Ces personnes-là prennent des risques, parce que le jour où on va mettre en place des photos, des vidéos… il n’y aura pas de publicité pour l’annoncer. Et à ce moment-là, ce sera par enquête qu’on va être capable d’aller les chercher. »
Rappelons que le non-respect des feux d’un poste de contrôle peut coûter 593$, en plus des impacts sur le PEVL.
Selon Jean-Claude Daignault, des discussions sont actuellement en cours avec l’employeur afin de trouver une voie de passage qui respecterait le jugement de la Cour supérieure tout en redonnant aux agents une certaine capacité d’intervention sur le terrain. Mais pour l’instant, les contrôleurs sont littéralement cloués aux postes de pesée, confinés à un rôle statique qui limite grandement leur efficacité. Le jugement considère qu’en l’absence d’armement, leur présence sur la route constitue un risque pour leur propre sécurité, ce qui rend toute patrouille formellement interdite.
Cette absence sur le terrain est une faille que certains chauffeurs n’hésitent pas à exploiter. Daignault lui-même reconnaît qu’il est difficile, dans ce contexte, de faire la distinction entre les transporteurs et camionneurs en règle et ceux qui profitent en toute conscience du relâchement des contrôles pour contourner les règles.
Une chose est certaine : sans patrouilles sur le réseau, le contrôle routier québécois se retrouve désarmé, au sens propre comme au figuré, et perd peu à peu sa capacité d’assurer une surveillance efficace sur nos routes.
Écoutez l’entrevue de Benoit Therrien avec Jean-Claude Daignault et Yvan Domingue, Directeur du personnels et embauches de Transport Grayson :
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