
Collision sur la 155 : une conductrice condamnée après une tentative de suicide-par-camion | Une femme de 43 ans a plaidé coupable à des accusations de conduite dangereuse et de conduite avec les facultés affaiblies, mardi, au palais de justice de La Tuque. L’affaire fait suite à une violente collision survenue en février 2024 sur la route 155, en Haute-Mauricie, alors que la conductrice aurait volontairement provoqué l’accident dans une tentative de mettre fin à ses jours.
L’événement avait suscité l’intervention du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), après que le véhicule de l’accusée ait été capté à 126 km/h par un policier de la Sûreté du Québec, qui a tenté de l’intercepter. Quelques instants plus tard, l’automobiliste percutait un camion lourd qui roulait à basse vitesse, provoquant un impact violent au niveau de la roue avant gauche du camion. Projetée hors de son véhicule, la conductrice a subi d’importantes blessures. L’enquête a révélé qu’elle avait atteint une vitesse de plus de 170 km/h et présentait un taux d’alcool supérieur à la limite légale.
Le conducteur du camion, heureusement indemne, aurait tenté d’éviter le choc, en vain. Une sentence comprenant une amende de 1000$, un don de 200$, 240 heures de travaux communautaires, une probation de trois ans et une interdiction de conduire d’un an a été retenue par le juge Simon Ricard. Celui-ci a souligné la détresse de la femme, tout en rappelant que ce genre de comportement pouvait avoir de lourdes conséquences pour d’autres usagers de la route, notamment les camionneurs.
Des mois après l’accident, la femme a pris la parole sur les réseaux sociaux pour tenter de retrouver le camionneur impliqué, exprimant son désir de lui parler et de lui faire savoir qu’elle allait mieux.
Suicide-par-camion : Conséquences chez les camionneurs
Dans la foulée, Marc Cadieux, PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), a souligné que ce type d’événement peut avoir des répercussions psychologiques importantes sur les chauffeurs. Selon lui, les séquelles laissées par de tels accidents sont bien réelles, et certains camionneurs peuvent développer un stress persistant. Il estime aussi que, malheureusement, le camion est parfois utilisé à tort comme cible dans des gestes désespérés.
Les suicides impliquant des camions lourds, bien que peu souvent abordés publiquement, représentent une réalité troublante pour plusieurs camionneurs. Ces gestes désespérés laissent des séquelles psychologiques profondes chez les chauffeurs, même lorsqu’ils n’ont commis aucune faute. Des études ont déjà démontré que les conducteurs professionnels touchés par ce type d’événement peuvent développer des symptômes de stress post-traumatique, de l’anxiété persistante ou même une incapacité à reprendre le volant.
Pour soutenir les membres de l’industrie touchés par de tels drames, SSPT Camionneurs offre une écoute, du soutien moral et des ressources concrètes. L’organisme sensibilise au bien-être mental dans le secteur du transport routier et encourage les camionneurs à briser le silence autour de la détresse psychologique. Les entreprises de transport sont invités à suivre une formation sur les meilleures approches envers les chauffeurs qui vivent des cas d’accident.

Écouter le podcast avec Pierre Labrie, Jean-Philippe Côté et Claude Lefrançois, qui parlent de leurs expériences de « Suicide-par-camion » :
28 août 2024 Pierre Labrie, Jean-Philippe Côté, Claude Lefrançois, Jason Quirion











