
Un rapport de la CNESST met en lumière de graves manquements à la sécurité ayant mené à la mort d’un chauffeur de camion à benne dans une carrière de Lambton, en Estrie, le 28 août 2024.
L’enquête a révélé que seul un frein sur les six roues du véhicule était fonctionnel au moment du drame.
Les événements ayant mené à la tragédie
Le conducteur venait de déposer un chargement de granulat au sommet d’une pente lorsqu’il a entamé la descente. Rapidement, le système de freinage a cessé de répondre. Par radio, il a prévenu ses collègues qu’il avait perdu le contrôle. Le camion a alors pris de la vitesse, traversé un fossé, puis terminé sa course dans un secteur boisé, percutant plusieurs arbres. Le travailleur, transporté d’urgence à l’hôpital, n’a pas survécu à ses blessures.
Une mécanique en état critique
L’analyse technique réalisée après l’accident a révélé un système de freinage gravement déficient : un seul frein de service opérationnel, voyants lumineux inactifs, réservoirs de fluide vides, tuyau d’arrivée d’huile à frein obstrué volontairement, étriers mal fixés et pneus au-delà de la limite d’usure permise.
Selon la CNESST, ces anomalies existaient avant l’accident et justifiaient un arrêt immédiat du véhicule pour raisons de sécurité.
Entretien et suivi remis en question
L’employeur soutient avoir respecté le manuel d’entretien du tombereau, mais n’a pas été en mesure de fournir un registre démontrant que les inspections prévues aux différents intervalles avaient bien été effectuées.
Formation et permis à revoir
Outre les problèmes mécaniques, l’enquête conclut à une formation insuffisante du chauffeur sur la conduite et le freinage d’un tombereau. La CNESST estime que le permis de classe 5, actuellement requis pour ce type de véhicule, ne correspond pas aux compétences nécessaires. Elle recommande à la SAAQ d’évaluer la possibilité d’exiger un permis de classe supérieure pour assurer une conduite sécuritaire.
Une préoccupation déjà soulevée par la CNESST
Ce n’est malheureusement pas la première fois que la CNESST attire l’attention sur la nécessité d’un permis mieux adapté et d’une formation plus poussée pour les conducteurs de tombereaux. En octobre 2024, un accident mortel survenu sur un chemin forestier près de Roberval avait déjà mené la CNESST à formuler des recommandations similaires, après qu’un conducteur de tombereau, détenteur d’un permis de classe 5, ait perdu le contrôle de son véhicule et percuté un autre camion. L’enquête avait alors révélé des lacunes importantes en formation, en supervision et en prévention…












