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Camions au gaz naturel : une option prometteuse, mais encore en construction dans le transport routier

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Camions au gaz naturel : une option prometteuse, mais encore en construction dans le transport routier

Camion e-Cascadia, avec un graphique : diesel, gaz naturel, électrique ou hydrogène? Quelle sera la technologie du futur dans les camions lourds?

L’entreprise L. Fournier et Fils vient de franchir une étape symbolique en mettant à l’essai un premier camion alimenté au gaz naturel.

Il s’agit de l’un des premiers modèles vendu par Kenworth dans la province équipé du moteur X15N de Cummins, une technologie qui promet une autonomie de 1,500 kilomètres et des performances comparables à celles du diesel, tout en réduisant de façon significative les émissions polluantes.

Le moteur Cummins X15N offre 10% de meilleure économie de carburant et moins d’émissions de GES comparé au ISX12N, tout en livrant un impressionnant couple de 1,700 lb-pi dès 900 tours/minute dans sa configuration 500 hp/1,850 lb-pi. Les vidanges et les changements de bougies sont maintenant faits en même temps, et son système d’échappement ne requiert ni fluide supplémentaire ni maintenance. Une avancée concrète pour rendre le gaz naturel plus viable dans le transport lourd.

Pour l’entreprise basée à Val-d’Or, le choix du gaz naturel s’inscrit dans une démarche à la fois environnementale et économique. Avec les nouvelles normes d’émissions prévus en 2027, les gestionnaires du parc anticipent une hausse des coûts pour les véhicules diesel. En ce sens, explorer d’autres avenues devient stratégique.

Toutefois, la transition ne se fera pas en claquant des doigts. Même si les moteurs au gaz naturel offrent certains avantages en matière d’entretien et de confort pour le conducteur, leur coût à l’achat reste nettement plus élevé, soit jusqu’à 150,000$ de plus que leurs équivalents au diesel. Et malgré les économies potentielles en carburant, la question du ravitaillement demeure un frein majeur. À l’heure actuelle, seules quelques stations sont accessibles sur les trajets desservis par L. Fournier et Fils, notamment entre Val-d’Or et Montréal. Pour une expansion réelle, il faudra une meilleure couverture en infrastructures.

Et c’est là que le portrait nord-américain se complexifie. Du côté de l’un des plus grands fabricants de camions au monde, Daimler Truck, le discours est en train de changer. Lors de son événement Capital Market Day 2025, l’entreprise a annoncé un ralentissement marqué de ses investissements dans les moteurs propulsés par les énergies alternatives, notamment les modèles à batterie électrique et à hydrogène.

À la place, Daimler a choisi de miser encore davantage sur le moteur diesel, citant un manque de maturité des marchés, des infrastructures insuffisantes et un engouement en déclin pour les solutions zéro émission, particulièrement en Amérique du Nord.

Selon les dirigeants de Daimler Truck North America, le diesel demeure à ce jour l’option la plus viable dans la grande majorité des applications de transport lourds. Le moteur thermique, déjà en constante évolution, verra même de nouveaux développements dès 2026 pour améliorer son efficacité énergétique. Le constructeur se dit toutefois prêt à produire des camions diesel et à zéro émission sur les mêmes chaînes de montage, pour suivre l’évolution réelle de la demande, mais sans brusquer les choses.

Dans ce contexte, le pari de L. Fournier et Fils s’inscrit dans un élan d’exploration et d’adaptation. Les gestionnaires de l’entreprise ne ferment pas la porte à une transformation plus large de leur flotte, mais restent lucides : il faudra d’abord valider les résultats, écouter les chauffeurs et attendre que les infrastructures suivent.

Comme l’a évoqué le président de l’entreprise, il s’agit d’un classique dilemme « de l’œuf ou la poule »… Pour que les stations se multiplient, il faut des camions. Mais, pour acheter ces camions, encore faut-il que les stations soient là!

En somme, le gaz naturel illustre bien ce que vivent de nombreuses entreprises de transport; une volonté de faire mieux pour l’environnement, des pressions réglementaires en hausse, mais aussi une réalité économique et logistique qui impose une prudence stratégique.

L’avenir passera peut-être par des carburants alternatifs, mais pour l’instant, le diesel n’a pas dit son dernier mot…

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