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Le camionneur québécois Luc LeBlanc détenu par ICE après avoir purgé sa peine aux États-Unis

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Le camionneur québécois Luc LeBlanc détenu par ICE après avoir purgé sa peine aux États-Unis
Photo : tirée du compte Facebook public de Luc LeBlanc.
Luc LeBlanc à gauche, avec le titre « Un camionneur québécois détenu par ICE aux États-Unis » et le logo de Truck Stop Québec.
Photo : tirée du compte Facebook public de Luc LeBlanc.

Le camionneur québécois Luc LeBlanc est détenu par ICE, l’agence américaine responsable de l’immigration, après avoir purgé sa peine aux États-Unis.

L’homme de 67 ans, originaire de Salaberry-de-Valleyfield, avait été condamné le 5 juin dernier relativement à une collision mortelle survenue en 2020 dans l’État de New York.

Il est détenu à l’Orange County Correctional Facility, à Goshen, dans l’État de New York. Après le prononcé de sa sentence, qui équivalait au temps déjà passé en détention, son dossier a été transféré aux autorités américaines de l’immigration en vue des prochaines démarches liées à son retour au Canada.

Selon une proche, Luc LeBlanc aurait passé ses huit premiers jours dans l’établissement en cellule 24 heures sur 24, à l’exception d’une quinzaine de minutes par jour, le temps que son dossier soit évalué. Le consulat serait également au courant de la situation, mais ne pourrait pas accélérer le traitement d’un dossier relevant d’ICE.

La famille souhaite maintenant que les démarches puissent se faire rapidement. Elle se dit aussi préoccupée par l’état de santé du camionneur.

« Nous souhaitons que le dossier de rapatriement, ou d’expulsion des États-Unis, puisse se dérouler rapidement. Depuis l’accident, il souffre de SPT, il a eu un infarctus et il a été opéré à cœur ouvert. Il a dû être hospitalisé à quelques reprises pendant son incarcération en raison de ses problèmes cardio-vasculaires. Son état de santé est très fragile », partage Michèle LeBlanc, nièce de Luc LeBlanc, à Truck Stop Québec.

Luc LeBlanc a été condamné le 5 juin par le juge James Farrell, du tribunal du comté d’Ulster, à une peine d’un an de détention pour chacun des trois chefs d’homicide par négligence criminelle, à purger concurremment. Comme il était déjà détenu depuis environ un an à la prison du comté d’Ulster, cette peine correspondait essentiellement au temps déjà passé derrière les barreaux. Le juge avait alors indiqué qu’il s’attendait à ce que le camionneur soit libéré de la garde du comté plus tard dans la journée.

Cette libération ne s’est toutefois pas traduite par un retour immédiat au Canada. Après la fin de sa peine, Luc LeBlanc a plutôt été transféré aux autorités de l’immigration américaine, une étape administrative liée aux conséquences migratoires de sa condamnation.

L’accident

Le dossier découle d’un accident survenu le 2 août 2020 sur la New York State Thruway, dans la ville d’Ulster. Luc LeBlanc conduisait alors un camion semi-remorque Volvo 2010 en direction sud lorsqu’il a heurté l’arrière d’une Honda Accord 2012 qui avait ralenti devant lui en raison d’un bouchon de circulation.

La collision a été violente. La voiture s’est retrouvée coincée sous l’avant du camion et aurait été poussée sur environ 500 pieds avant que les véhicules ne s’immobilisent sur l’accotement gazonné de l’autoroute. Trois passagers qui prenaient place à l’arrière du véhicule ont perdu la vie : Zulika Salim, 47 ans, Justin Gayapersad, 10 ans, et Chelsea Gayapersad, 14 ans.

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Au procès, le jury a conclu que Luc LeBlanc n’était pas attentif à la route au moment de l’impact. Il a été reconnu coupable de trois chefs d’homicide par négligence criminelle, mais acquitté des accusations plus graves d’homicide involontaire.

La poursuite soutenait que des données provenant d’une tablette trouvée dans le camion démontraient une manipulation de l’écran quelques minutes avant l’accident. Les jurés ont toutefois rejeté cette thèse en lien avec l’accusation d’utilisation d’un appareil électronique. La défense et les proches du camionneur ont plutôt soutenu que l’accident s’est produit dans un contexte de ralentissement soudain, causé par un autre événement plus loin sur la route, où un camion était en flammes, alors que le camionneur perdait les ondes radio et tentait de changer de poste.

Lors de la détermination de la peine, le juge a reconnu la gravité irréparable du drame, mais il n’a pas retenu l’argument de la poursuite voulant que Luc LeBlanc n’ait pas exprimé de véritables remords. Le camionneur, assisté d’un interprète français, aurait fondu en larmes à plusieurs reprises pendant l’audience. Il n’a prononcé qu’une courte phrase devant le tribunal : « Je suis vraiment désolé. »

Le juge a indiqué croire à la sincérité de ses remords. Il a aussi tenu compte du fait que Luc LeBlanc n’avait pas d’antécédents judiciaires connus avant l’accident. Le tribunal a également rappelé qu’il avait parcouru environ 4,5 millions de milles au cours de sa carrière, avec une seule collision rapportée dans une aire de repos comme tache connue à son dossier de conduite.

Le juge a aussi mentionné qu’un trouble de stress post-traumatique avait été diagnostiqué chez Luc LeBlanc en lien avec l’accident. De leur côtés, les proches des victimes ont rappelé au tribunal l’ampleur de leur perte. Dans une déclaration lue en leur nom, la famille a souligné que Justin et Chelsea ne pourraient jamais grandir, obtenir leur diplôme ou vivre les étapes importantes de leur vie.

Pour les proches de Luc LeBlanc, la priorité est maintenant de comprendre les délais imposés par ICE et de permettre son retour au Canada le plus rapidement possible, compte tenu de son âge, de son état de santé et du fait que sa sentence criminelle est considérée comme purgée.

ashtelecall