
Alexy Gutierrez-Marcil a plaidé coupable, le 9 juin dernier, à un chef de conduite dangereuse causant la mort du signaleur routier Marc Séguin, happé sur un chantier à Carignan le 19 octobre 2022.
Selon les faits rapportés, l’homme de 33 ans s’était endormi au volant en raison d’une apnée du sommeil non traitée.
Il aurait roulé à 70 km/h dans une zone de 40, sans voir le feu de signalisation, le camion-citerne immobilisé ni le signaleur qui contrôlait la circulation.
Ce triste dossier expose un danger souvent sous-estimé, la somnolence au volant causée par un trouble du sommeil. Dans ce cas-ci, l’accusé avait déjà provoqué une collision deux semaines plus tôt parce qu’il s’était endormi au volant. Cette fois, les conséquences ont été mortelles. Le procureur au dossier a indiqué qu’il s’agirait de l’un des premiers cas répertoriés au Canada de conduite dangereuse causant la mort en lien avec l’apnée du sommeil.
« J’ai perdu mon père tristement dans une collision qui aurait pu être évitée. Il ne doit plus y avoir d’autres victimes en raison d’un tel scénario », a déclaré Kevin Séguin, le fils de Marc Séguin, à la sortie de la salle d’audience du palais de justice de Longueuil.
Si cette affaire concerne un automobiliste, elle soulève néanmoins un enjeu important pour l’ensemble des conducteurs, particulièrement ceux qui passent de longues heures derrière le volant. Plusieurs routiers professionnels peuvent souffrir d’apnée du sommeil sans le savoir, alors que d’autres ont reçu un diagnostic, mais trouvent difficile de s’adapter au traitement, notamment à l’utilisation d’un appareil CPAP. Pourtant, cette condition ne doit pas être prise à la légère. Lorsqu’elle n’est pas diagnostiquée ou traitée adéquatement, l’apnée du sommeil peut entraîner une fatigue importante, nuire à la concentration, ralentir les réflexes et provoquer des épisodes de somnolence au volant.
Pour les conducteurs de véhicules lourds, qui passent de longues heures sur la route et doivent demeurer pleinement alertes, les conséquences peuvent être graves. La santé du conducteur, mais aussi la sécurité de tous les usagers de la route, sont en jeu.
Les symptômes à prendre au sérieux sont nombreux : ronflements forts, pauses respiratoires durant le sommeil, réveils avec sensation d’étouffement, maux de tête le matin, fatigue persistante, irritabilité, difficulté à se concentrer, pertes de mémoire et somnolence au volant. Le fait de se réveiller plusieurs fois par nuit pour uriner peut aussi être un signe à surveiller, surtout lorsqu’il s’accompagne d’un sommeil non réparateur ou d’une grande fatigue durant la journée.
Un conducteur qui cogne des clous, qui se surprend à dévier de sa voie, qui freine brusquement sans raison ou qui peine à garder les yeux ouverts ne devrait jamais banaliser la situation. Dans le transport routier, l’apnée du sommeil non diagnostiquée ou mal traitée n’est pas seulement une question de santé personnelle, c’est aussi une question de sécurité publique.
Lorsqu’un diagnostic d’apnée du sommeil est posé, la machine CPAP peut faire une grande différence. Elle aide à maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil, ce qui permet de mieux dormir, de réduire la somnolence et d’améliorer la vigilance. Pour un camionneur, accepter le traitement, bien utiliser l’appareil et faire les suivis nécessaires peut éviter des accidents, protéger son permis, protéger sa carrière et surtout protéger des vies.
Le drame de Marc Séguin rappelle qu’un trouble du sommeil non traité peut avoir des conséquences irréparables.











