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Camion-citerne à reculons sur l’A-20 : le chauffeur sanctionné, la FCCRQ presse Québec d’agir

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Camion-citerne à reculons sur l’A-20 : le chauffeur sanctionné, la FCCRQ presse Québec d’agir

Camion-citerne sur l’autoroute 20 au Québec, au cœur d’un débat sur les pouvoirs des contrôleurs routiers, les sanctions et la sécurité dans l’industrie du camionnage.

La vidéo avait rapidement fait le tour des réseaux sociaux : un camion-citerne reculant directement sur l’autoroute 20 après avoir dépassé l’entrée du poste de contrôle routier de Saint-Mathieu-de-Beloeil.

Le poids lourd transportait du dioxyde de carbone liquide réfrigéré, une matière dangereuse dans le contexte du transport.

Plutôt que de poursuivre son chemin afin d’effectuer un détour et revenir au poste de contrôle, le chauffeur a immobilisé son camion avant de reculer sur l’autoroute, semant la confusion parmi les automobilistes qui circulaient autour de lui.

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Une amende de 1,600$, quatre points et une suspension

Le conducteur s’est finalement présenté au poste de contrôle, où les agents de Contrôle Routier Québec (CRQ) ont pu intervenir. Il a reçu un constat d’infraction de 1,600$ pour une manœuvre dangereuse mettant la vie d’autrui en danger. Quatre points d’inaptitude lui ont également été imposés et son droit de conduire a été suspendu pour sept jours.

Jean-Claude Daignault, président de la FCCRQ, a qualifié la marche arrière sur l’autoroute de manœuvre extrêmement dangereuse. Il rappelle également qu’une collision impliquant un camion transportant des matières dangereuses aurait pu entrainer des conséquences graves.

Pour la FCCRQ, l’événement illustre toutefois un problème plus large. Les contrôleurs routiers demeurent toujours essentiellement confinés aux postes de contrôle, même si plusieurs d’entre eux ont maintenant terminé leur formation liée au port de l’arme de service.

« Les contrôleurs routiers ont pu intervenir uniquement parce que le conducteur s’est présenté au poste de contrôle. Sans cette obligation, les agents n’auraient tout simplement pas été en mesure d’intervenir en raison des restrictions qui limitent toujours leurs interventions sur le réseau routier », a fait valoir la FCCRQ sur sa page Facebook.

Des enjeux qui dépassent le seul cas de l’A-20

Pour Jean-Claude Daignault, cette situation remet en lumière plusieurs limites auxquelles les contrôleurs routiers sont actuellement confrontés. Il cite entre autres le dossier des « chauffeurs inc. ».

« Les contrôleurs routiers n’ont actuellement aucun mandat ni aucun pouvoir particulier, et ce, malgré les nombreuses solutions que nous avons déposées au gouvernement du Québec. Lors d’une interception, nous travaillons exactement de la même façon qu’avec un camion “normal”. »

De plus, le président de la FCCRQ estime aussi que les conséquences prévues pour certaines infractions ne reflètent pas toujours le niveau de danger qu’elles représentent. L’exemple du camion-citerne sur l’A-20 apparait particulièrement parlant.

« De façon générale, la gravité d’une infraction n’entraîne pas toujours une conséquence équitable ou proportionnelle au danger qu’elle représente. Par exemple, si vous ne payez pas un constat de stationnement et que vous êtes intercepté, en plus de l’infraction, le véhicule peut être saisi pour 30 jours. Par contre, pour un logbook défoncé ou une conduite imprudente, comme dans le cas de la vidéo sur l’autoroute 20, il n’y a pas de saisie », réitère-t-il auprès de Truck Stop Québec.

« La sécurité publique ne peut plus attendre »

La FCCRQ réclame toujours le retour de ses membres en patrouille. Malgré l’avancement de la formation liée à l’armement, les contrôleurs ne sont toujours pas de retour sur les routes. Jean-Claude Daignault souhaite également qu’ils retrouvent les pouvoirs et les outils nécessaires pour intervenir efficacement face aux comportements à risque, jugés de plus en plus nombreux et préoccupants.

L’épisode de l’autoroute 20 devient un exemple très visible d’un problème que la FCCRQ dénonce depuis plusieurs mois. Des infractions potentiellement graves continuent de survenir alors que les contrôleurs disposent toujours de moyens d’intervention limités.

ashtelecall