
La voix de nos abonnés | Des camionneurs et intervenants de l’industrie du camionnage ont récemment pris la parole dans une discussion sur Facebook, sous une publication de Guillaume Lecours, instigateur d’un mouvement contre le stratagème Chauffeur Inc.
Face à l’annonce de Trans-West, contrainte de vendre des camions et de procéder à des mises à pied en raison de concurrence déloyale, Guillaume Lecours a lancé un appel à la solidarité dans l’industrie.
Sous sa publication, de nombreux camionneurs et intervenants ont pris la parole, révélant un profond malaise. Salaires stagnants, recours au per diem, manque d’unité et pratiques douteuses généralisées… Une industrie qui, selon plusieurs, arrive à un point de rupture.
Le per diem, un symptôme d’un métier à rabais?
Richard Corbeil souligne l’incohérence entre le refus d’un métier à rabais et le fait que plusieurs camionneurs acceptent encore des salaires incluant un per diem. Selon lui, si on veut réellement redonner de la valeur à la profession, il faut d’abord refuser ces conditions. Il dénonce le stratagème des chauffeurs incorporés depuis plus de 35 ans, et affirme que la seule solution durable, c’est la création d’un syndicat pour établir un rapport de force contre les gouvernements et les associations patronales.
Une crédibilité perdue selon certains
Lou Tilou critique le mouvement qui a manifesté à Ottawa, le Convoi de la liberté que certains appellent aussi le Convoi des Camionneurs, contre les mesures sanitaires pendant la pandémie. À son avis, cela a nui à la cause des routiers professionnels qui voulaient parler de conditions de travail. Il affirme que des compagnies de transport enregistrées au fédéral ont touché de l’aide pendant la crise de la Covid, sans nécessairement en faire profiter les chauffeurs. Selon lui, les chauffeurs à rabais sont partout, et même au Bas-du-Fleuve, des camionneurs sont encore payés le même prix qu’il y a 25 ans.
Fatigue, désillusion et envie de quitter
Christian Bernier explique qu’il termine de payer son camion, mais songe à le vendre plutôt que de continuer dans le métier. Il évoque un sentiment d’échec collectif entre camionneurs québécois qui, selon lui, se tirent dans les jambes, et des lois contradictoires qui compliquent leur réalité. Il note que les grandes entreprises s’en sortent mieux grâce à leurs terminaux un peu partout, ce qui leur permet d’utiliser des camions plus légers pour baisser les prix.
Plusieurs idées, peu de cohésion
Les propositions varient. Claude Fortin pense qu’il faut créer une association avec des cartes de membre pour embaucher un lobbyiste. Christophe Frauli estime que des blocages de routes comme en France seraient plus efficaces. Richard Boisvert se positionne de son côté comme salarié qualifié, bien payé, et critique ceux qui achètent un camion en espérant devenir riches sans expérience.
Qui doit être pointé du doigt?
Loic Labecot croit que la solution passe par des lois pour responsabiliser les load brokers, surtout en cas d’accident, de vol ou de documents manquants.
Christian Bernier abonde dans le même sens : le vrai problème, selon lui, ce ne sont pas uniquement les Chauffeurs Inc, mais surtout les entreprises qui les embauchent. « C’est elles qui alimentent ce stratagème », dit-il.
* Les commentaires cités proviennent d’une discussion publique sur Facebook, sous une publication de Guillaume Lecours.














