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Maitrise de l’anglais obligatoire pour les camionneurs aux États-Unis : ce qu’il faut savoir

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Maitrise de l’anglais obligatoire pour les camionneurs aux États-Unis : ce qu’il faut savoir

Maîtrise de l’anglais obligatoire pour les camionneurs aux États-Unis : ce qu’il faut savoir.

Un nouveau décret du président Donald Trump impose une maitrise de l’anglais obligatoire pour tous les camionneurs circulant sur les routes américaines.

La Federal Motor Carrier Safety Administration (FMCSA) a maintenant 60 jours pour établir des lignes directrices précises afin que les agents de l’autorité américaine puissent mettre hors service les chauffeurs de camions commerciaux qui ne répondent pas aux critères linguistiques.

Quand, comment, quelles conséquences?

André Tardif et une citation en lien à l'entrevue qu'il a réalisé sur Truck Stop Québec pour parler des nouvelles règles américaines sur la maitrise de l'anglais des chauffeurs.L’exigence en tant que telle de la langue anglaise existe depuis très longtemps, mais il y a eu un assouplissement des règles au cours des dernières années. Pour clarifier ce que cela implique concrètement, André Tardif de TEC Transport Expert-Conseil précise sur les ondes de TSQ : « ce qui est plus médiatisé, c’est le fait que maintenant, ils affirment par des nouveaux règlements, par des annotations aux règlements, qu’ils peuvent te mettre hors service, un peu comme au Canada, on va le faire pour un manquement aux heures de service ou un véhicule non conforme. » Cette explication permet de mieux comprendre la portée réelle du changement et d’écarter certaines informations exagérées véhiculées sur les réseaux sociaux.

Le décret présidentiel signé le 28 avril 2025, quant à lui, n’est pas encore en vigueur. Il accorde un délai de 60 jours à la FMCSA pour publier de nouvelles directives précisant les procédures d’inspection et d’application de la règle. Ce délai expire le 27 juin 2025. Cependant, la Commercial Vehicle Safety Alliance (CVSA) a déjà voté pour intégrer la maitrise de l’anglais aux critères de mise hors service des conducteurs. Cette décision entrera en vigueur le 25 juin 2025, juste avant la fin du délai accordé à la FMCSA.

En résumé, bien que la règle soit officiellement en place, son application stricte commencera à partir du 25 juin 2025. D’ici là, les conducteurs et les transporteurs ont l’occasion de se préparer à ces exigences.

Officiellement, l’objectif du décret est d’améliorer la sécurité routière. La FMCSA a documenté des cas où l’incapacité de certains conducteurs à lire les panneaux de signalisation ou à comprendre les instructions en anglais a contribué à des accidents mortels. Cependant, certains observateurs estiment que cette mesure pourrait également viser à limiter l’accès des travailleurs étrangers au marché du transport routier américain.

Mais qu’entend-on par « maitrise suffisante de l’anglais »?

Selon la réglementation américaine (49 CFR 391.11(b)(2)), un chauffeur doit pouvoir lire et comprendre les panneaux routiers, répondre verbalement à des questions posées par un agent, rédiger des documents liés à son emploi, et comprendre les consignes de sécurité. L’usage de traducteurs électroniques est interdit lors d’une inspection. Cela signifie qu’un chauffeur qui ne peut pas répondre en anglais ou qui ne saisit pas une consigne pourrait être mis hors service.

Une règle qui pourrait affecter le marché du travail des USA

Les experts du secteur estiment qu’une application rigoureuse de cette règle pourrait temporairement retirer du marché des milliers de conducteurs, surtout dans des États comme le Texas où plusieurs chauffeurs ne sont pas anglophones. Une perte de capacité de 5 à 10% pourrait suffire à faire grimper les tarifs de transport, comme cela avait été observé avec l’implantation des journaux de bord électroniques (ELD) en 2017. Certains analystes prévoient de possibles hausses de prix de l’ordre de 10 à 15%, selon les conditions du marché.

Entre 2015 et 2024, le Texas à lui seul a délivré ou renouvelé 51,993 permis de conduire commerciaux (CDL) non domiciliés, ce qui représente entre 1,6 % et 2,8 % des permis émis chaque année dans l’État. Cette croissance graduelle de la présence de chauffeurs étrangers sur les routes américaines renforce les discussions entourant la sécurité routière vis-à-vis la langue anglaise et les effets sur le marché du travail. Les données du Texas indiquent que le phénomène est plus important que prévu, et laissent entrevoir des impacts plus marqués dans l’ensemble du pays si les nouvelles règles sont appliquées de façon stricte.

Qu’en est-il pour les québécois?

Pour les transporteurs du Québec qui font des livraisons aux États-Unis, il devient donc important, comme il l’a toujours été, de s’assurer que leurs chauffeurs respectent les exigences linguistiques pour éviter une mise hors service. Cela pourrait mener à un resserrement des critères d’embauche. En attendant les directives officielles de la FMCSA, une certaine incertitude demeure pour les conducteurs moins à l’aise en anglais.

Une chose est toutefois claire : parler anglais, au minimum pour comprendre la signalisation et interagir avec les autorités, est essentielle pour rouler aux États-Unis en toute conformité et l’a toujours été.

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ashtelecall