Seulement dans le secteur manufacturier, selon un sondage mené par Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), c’est 18 milliards de dollars que le Québec a laissés sur la table en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

«La pénurie de main-d’oeuvre est un frein à la relance économique. Combien d’argent le gouvernement est prêt à perdre dans les prochaines années? Combien d’entreprises devront refuser des contrats, délocaliser une partie de leurs activités à l’étranger ou réduire leur croissance ou fermer avant que l’on s’attaque à la pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur manufacturier avec des mesures qui ont de l’impact?», s’inquiète Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ.

Selon l’organisme, le constat est d’autant plus préoccupant du fait que la situation est généralisée à l’ensemble du secteur manufacturier. «En effet, 98,5% des 400 entreprises sondées affirment avoir besoin de main-d’oeuvre et 70% d’entre elles disent refuser des contrats ou payer des pénalités de retards de production. Plusieurs doivent d’ailleurs ralentir leurs activités et certaines songent même à déménager leur entreprise», ajoute-t-on.

Rappelons que le secteur de la fabrication au Canada, au deuxième trimestre de 2021, a 65 905 postes vacants, dont 25 330 seulement au Québec, un record. Il y a ainsi 5 935 postes vacants de plus dans le secteur de la fabrication qu’au deuxième trimestre de 2019.

«Le bassin actuel de travailleurs actuel ne suffit tout simplement pas. Le gouvernement doit proposer des mesures spécifiques pour pallier la pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur manufacturier et aligner ses programmes au manufacturier pour avoir une vision d’ensemble concertée et cohérente qui aura un réel impact. C’est le temps d’agir!», explique Véronique Proulx en demandant au gouvernement du Québec de mettre en place un plan d’action.

L’Association propose ainsi un Grand Blitz de 13 mesures pour pallier la pénurie de main-d’oeuvre dont :

– Accès plus important aux travailleurs étrangers

  • Augmenter les seuils d’immigration économique permanente et accélérer le processus d’admission, en tenant compte des besoins du secteur manufacturier. Des délais de 18 mois sont également demandés.
  • Accélérer l’arrivée des travailleurs étrangers temporaires en faisant passer le délai moyen de traitement des dossiers à 9 mois.
  • Mettre en place, par région, des missions de recrutement international au sein des pays de la francophonie pour des emplois en demande dans le secteur manufacturier.

– Formation et rétention de la main-d’oeuvre

  • Mieux appuyer et outiller les PME manufacturières qui font de la formation à l’interne.

– Promotion et image du secteur manufacturier

  • Mieux faire connaître le secteur manufacturier auprès des clientèles éloignées du marché du travail.
  • Attirer les jeunes dans le secteur manufacturier

– Automatisation et robotisation

  • Accentuer le soutien financier et l’accompagnement technique des entreprises manufacturières en matière d’automatisation et de robotisation.

«Le premier ministre Legault nous dit qu’il veut augmenter le volume de produits fabriqués au Québec. Pour ce faire, nous demandons au gouvernement de prendre des actions concrètes, spécifiques au secteur manufacturier, et ce, dès maintenant. Il faut aligner les programmes gouvernementaux sur les besoins des manufacturiers si nous voulons augmenter notre empreinte manufacturière», conclut-elle.