
La semaine dernière, un jury de St. Louis aux États-Unis a rendu un verdict de 462 millions de dollars US contre le fabricant de remorques Wabash, suite à un accident mortel survenu en mai 2019.
Lors de cet accident, une voiture a percuté l’arrière d’une remorque Wabash de 2004, tirée par GDS Express, une entreprise de transport maintenant disparue. Le conducteur et son passager ont perdu la vie dans la collision.
Selon Wabash, la remorque en question respectait les normes réglementaires en vigueur à l’époque de sa fabrication, 15 ans avant l’accident. Des preuves présentées en cour ont montré que la voiture roulait à 55 mph au moment de l’impact. Cette vitesse dépassait de 20 mph la norme actuelle de la NHTSA pour les collisions arrière (35 mph) et de 25 mph la norme en vigueur lors de la fabrication de la remorque (30 mph).
Ces normes de la NHTSA concernent les dispositifs de protection arrière, aussi appelés « barres anti-encastrement », qui sont conçus pour empêcher qu’une voiture ne passe sous une remorque lors d’une collision. Wabash a souligné que la vitesse de la voiture était bien supérieure à ce que ces dispositifs sont censés supporter selon les régulations de sécurité.
Malgré le verdict, Wabash a affirmé qu’elle examinerait toutes les options juridiques disponibles et a rappelé que ses dispositifs de protection arrière ont toujours respecté, voire surpassé, les normes américaines. En 2018, l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS) avait d’ailleurs reconnu Wabash comme l’un des huit fabricants nord-américains dépassant les normes fédérales pour les dispositifs de protection contre les collisions arrière.
Les avocats de la famille des victimes ont soutenu que la protection arrière de la remorque s’était détachée lors de l’impact, permettant au véhicule de passer sous la remorque, causant la mort des occupants. Ils ont contesté non seulement la conception du dispositif, mais aussi son intégrité structurelle, affirmant que la remorque était dans un état défectueux et dangereux.
Wabash a réagi en déclarant qu’aucune technologie existante à l’époque n’aurait pu empêcher cet accident. De plus, l’entreprise a critiqué la décision du tribunal d’exclure des preuves montrant que le conducteur avait un taux d’alcoolémie au-delà de la limite légale et que ni lui ni son passager ne portaient leur ceinture de sécurité, des informations qui auraient pu influencer le verdict.
Nouvelles normes de protection arrière contestées pour les collisions à faible chevauchement
En juillet 2022, la NHTSA a renforcé ses normes de sécurité pour la protection contre les collisions arrière entre des véhicules de promenade et des remorques ou semi-remorques, en adoptant des exigences similaires aux normes canadiennes. Ces nouvelles règles exigent que les dispositifs de protection arrière aient suffisamment de résistance et de capacité d’absorption d’énergie pour protéger les occupants des voitures compactes et sous-compactes en cas d’impact à une vitesse de 35 mph. Ces normes améliorées visent à protéger les véhicules qui percutent l’arrière d’une remorque avec un chevauchement de 50% à 100% de la largeur de la voiture.
Cependant, une coalition de groupes de sécurité, dont Advocates for Highway and Auto Safety et le Truck Safety Coalition, a contesté ces nouvelles normes, les jugeant insuffisantes et dangereuses. Ils ont demandé à la NHTSA de renforcer encore les dispositifs pour les collisions avec un chevauchement de 30%. Le chevauchement de 30% est considéré plus dangereux parce qu’une plus petite partie de la largeur de la voiture entre en contact avec l’arrière de la remorque, ce qui concentre la force de l’impact sur une zone réduite. Cela augmente le risque que le véhicule passe sous la remorque, car les dispositifs de protection arrière sont moins efficaces dans ces situations de faible chevauchement.
En juin 2023, la NHTSA a rejeté cette demande, soutenant que les données utilisées pour élaborer ces règles, notamment celles de la base de données TIFA, étaient plus précises que celles de son propre système de rapport d’accidents mortels, FARS.
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