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TFI International : un retour forcé après la pression des actionnaires

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TFI International : un retour forcé après la pression des actionnaires

Des camions sur le pont Ambassador, illustrant l’enjeu du transport transfrontalier entre le Canada et les États-Unis ainsi que les entreprises comme TFI International qui sont tentées de se relocaliser de l'autre côté de la frontière.

L’industrie du transport au Canada est en pleine mutation alors que des entreprises comme TFI International envisagent de déplacer leurs opérations et leur siège social aux États-Unis.

Toutefois, la pression des investisseurs et l’environnement politique ont contraint TFI International, l’un des plus grands acteurs du transport et de la logistique en Amérique du Nord, à faire marche arrière sur son projet de domiciliation américaine.

Une tentative de domiciliation aux États-Unis stoppée net

Basée à Montréal, TFI International avait récemment annoncé son intention de changer son domicile légal pour les États-Unis, citant la présence majoritaire de ses actionnaires américains et le fait que 70% de ses opérations se déroulent au sud de la frontière. Cette annonce a suscité une forte opposition, notamment de la part de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détient une participation d’environ 4% dans l’entreprise.

La CDPQ n’a pas tardé à exprimer son mécontentement. Cette opposition, combinée à un climat économique incertain, a conduit TFI International à annuler son projet de relocalisation.

Des difficultés financières qui s’accumulent

Cette décision intervient alors que TFI International traverse une période difficile sur le plan financier. Lors du quatrième trimestre de 2024, l’entreprise a vu son revenu d’exploitation chuter de 19,2% par rapport à l’année précédente.

Son unité TForce Freight, qui opère aux États-Unis, pose particulièrement problème. Son revenu d’exploitation a plongé de 36 millions de dollars, une baisse de plus d’un tiers. Alain Bédard, PDG de TFI, n’a pas mâché ses mots en qualifiant TForce Freight de « gros caillou dans ma chaussure » lors d’un appel avec les analystes.

Les problèmes s’accumulent :

  • Augmentation des réclamations pour dommages, atteignant 0,9% au dernier trimestre
  • Perte de parts de marché auprès des clients locaux à haute marge
  • Trop de livraisons non effectuées, avec environ 400 ramassages non complétés par jour

Malgré des efforts pour moderniser la flotte, avec une moyenne d’âge réduite à 4,2 ans, les coûts d’entretien restent trop élevés, nuisant à la rentabilité globale de l’entreprise.

La menace des tarifs américains : un enjeu de taille pour les entreprises canadiennes

TFI International n’est pas la seule entreprise à avoir examiné les avantages d’un déplacement vers les États-Unis. Avec la montée d’un nationalisme économique américain, plusieurs entreprises canadiennes sont tentées de déplacer leur production pour éviter d’éventuels tarifs douaniers.

C’est notamment le cas de certains clients de Magna International, qui envisagent de délocaliser leur production afin de contourner les nouvelles politiques commerciales américaines. Cette tendance soulève des questions sur l’avenir des investissements industriels au Canada et les mesures à prendre pour retenir les entreprises sur le territoire.

Un climat incertain pour l’industrie du transport

Alors que le marché américain devient de plus en plus attrayant avec des politiques pro-croissance et des taux d’imposition concurrentiels, le Canada doit jongler avec un dollar faible et une instabilité économique. La réticence des investisseurs à voir de grandes entreprises canadiennes partir à l’étranger témoigne d’un enjeu stratégique majeur pour l’avenir du transport et de la logistique au pays.

L’abandon du projet de domiciliation de TFI International envoie un message clair : la pression des actionnaires et le contexte politique influencent fortement les décisions des grandes entreprises. La question demeure toutefois : combien de temps encore les géants du transport comme TFI resteront-ils ancrés au Canada?

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ashtelecall