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Face aux tarifs de Trump, des entreprises canadiennes songent à déménager aux États-Unis

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Face aux tarifs de Trump, des entreprises canadiennes songent à déménager aux États-Unis

Site minier avec un camion en activité, illustrant la pression exercée sur les entreprises canadiennes face aux incitatifs fiscaux et aux menaces de tarifs de Trump pour attirer la production et les investissements aux États-Unis.

L’annonce de tarifs de 25% sur les importations canadiennes par le président Trump pousse plusieurs entreprises du pays à revoir leur stratégie. Certaines envisagent même de déplacer leur siège social aux États-Unis pour éviter ces nouvelles barrières commerciales.

TFI International a annoncé son intention de transférer son siège social aux États-Unis, une décision encore soumise à l’approbation de ses actionnaires. D’autres grandes entreprises, comme Mullen Group, un acteur important du transport et de la logistique en Alberta avec une forte présence dans le secteur énergétique, ont évoqué cette possibilité sans engager de démarches concrètes.

De son côté, Barrick Gold, spécialisée dans l’exploitation et le développement minier, a laissé entendre que l’idée pourrait être envisageable sous une administration Trump. Ces réflexions s’expliquent par la recherche d’un environnement commercial perçu comme plus avantageux, avec un accès direct au marché américain et à ses investisseurs.

Trump prévoit d’utiliser ce qu’il appelle la « force économique » des tarifs pour inciter les entreprises manufacturières canadiennes à s’installer aux États-Unis, voire pour annexer le Canada. Il a exhorté les entreprises étrangères à venir produire en Amérique, promettant l’un des taux d’imposition les plus bas au monde. Lors d’une intervention au Forum économique mondial, Trump a proposé de réduire le taux d’imposition des entreprises de 21% à 15% aux États-Unis afin d’attirer davantage d’investissements. Les taux d’imposition des sociétés au Canada sont de 26,2%, selon la Tax Foundation.

Mais au-delà de la fiscalité, d’autres facteurs influencent la décision des entreprises. David Olive de The Star explique que de nombreuses entreprises justifient leur départ en mettant en avant un environnement d’affaires américain qu’elles jugent plus favorable, avec une réglementation plus souple. Toutefois, selon lui, cette perception ne reflète pas entièrement la réalité. Une étude de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (CFIB) montre d’ailleurs que les entreprises américaines consacrent en réalité plus de temps à se conformer aux réglementations que leurs homologues canadiennes.

Malgré ces nuances, la crainte des tarifs américains influence les décisions stratégiques des entreprises canadiennes. Un sondage de KPMG auprès de 250 firmes exportant aux États-Unis montre que 48% d’entre elles comptent investir davantage aux États-Unis pour limiter l’impact de ces possibles taxes. Pour certaines, cela signifie y ouvrir des installations supplémentaires. Pour d’autres, c’est une question de survie : relocaliser leur siège social pourrait être une façon de contourner ces nouvelles barrières commerciales. L’attrait du marché américain ne repose pas seulement sur la menace tarifaire, mais aussi sur l’accès au capital et aux valorisations boursières plus élevées, ce qui peut directement influencer la rémunération des dirigeants.

Face à ces enjeux, le gouvernement du Canada tente de rendre l’environnement commercial plus compétitif. Le 21 février 2025, la ministre des Transports et du Commerce intérieur, Anita Anand, a annoncé que 20 exceptions fédérales dans l’Accord de libre-échange canadien (ALEC) seraient supprimées, réduisant leur nombre de 39 à 19. L’objectif est de faciliter les échanges à l’intérieur du pays, d’éliminer les obstacles pour les entreprises canadiennes et d’encourager les investissements locaux.

Depuis 2017, 64% des exceptions fédérales ont été retirées, ce qui pourrait injecter jusqu’à 200 milliards de dollars dans l’économie. Bien que cette mesure ne soit pas une réponse directe aux menaces tarifaires américaines, elle vise à renforcer la compétitivité du Canada dans un contexte commercial de plus en plus complexe.

En simplifiant les règles du commerce intérieur, le gouvernement espère réduire les coûts des entreprises et stimuler leur compétitivité. Il encourage aussi les provinces et territoires à faire de même afin de renforcer le marché intérieur. Actuellement, le commerce interprovincial représente 20% du PIB du pays, et toute réduction des barrières pourrait favoriser la croissance économique.

La menace des tarifs pousse certaines entreprises canadiennes à revoir leur stratégie, mais le Canada ne reste pas les bras croisés. La menace des tarifs pousse certaines entreprises canadiennes à revoir leur stratégie, mais le Canada ne reste pas les bras croisés. L’assouplissement des règles du commerce intérieur pourrait limiter les pertes et maintenir un environnement d’affaires attractif. Reste à voir si ces efforts seront suffisants face à la pression des investisseurs et à l’évolution des politiques américaines.

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