
Selon Mike McCarron, président de Rite Route Supply Chain Solutions, associé chez Left Lane Associates et chroniqueur pour Truck News, le stratagème Chauffeur Inc. est en train de s’effondrer lentement mais sûrement dans l’industrie du camionnage.
Et cette fois, tous les signaux semblent indiquer que sa disparition est proche. Voici pourquoi.
L’illogisme économique ne tient plus
D’abord, le financement devient plus difficile à obtenir. Les entreprises qui reposent sur le modèle Chauffeur Inc. manquent souvent de ressources financières solides. Dans un contexte économique plus rigoureux, les fournisseurs et les prêteurs sont de plus en plus réticents à faire affaire avec des transporteurs jugés à risque, autant sur le plan fiscal que sécuritaire.
Une nouvelle génération plus éthique
Mike McCarron croit aussi que les jeunes travailleurs ne veulent plus embarquer dans ce genre de fonctionnement. Ayant grandi dans un environnement où l’on valorise la justice, l’équité et les droits des travailleurs, ils cherchent des emplois stables, bien encadrés, avec un vrai salaire et des protections sociales. Le travail déguisé et les statuts flous, ce n’est plus dans leurs valeurs.
Les provinces passent à l’action
Les gouvernements provinciaux commencent eux aussi à intervenir plus fermement. Au Québec, les autorités intensifient leur surveillance des chauffeurs incorporés, dans le but de lutter contre l’évasion fiscale et de protéger les transporteurs qui respectent les règles.
En Ontario, des députés provinciaux du Nord de la province et des leaders communautaires ont proposé une nouvelle législation pour mieux responsabiliser les conducteurs. L’idée est que le ministère des Transports vérifie qu’ils font bien plus que simplement tenir un volant.
La Colombie-Britannique, de son côté, mène une offensive soutenue. En mai, la province a lancé des inspections ciblées en bord de route pour identifier les entreprises soupçonnées de fausse classification de leurs conducteurs. Les résultats ont été jugés si préoccupants que des vérifications ont été menées directement dans les bureaux, et certaines compagnies ont perdu leur certificat d’exploitation.
Les États-Unis imposent l’anglais
À partir de juin, les États-Unis appliqueront plus strictement une règle déjà en place : tous les chauffeurs doivent comprendre et parler un minimum d’anglais. Si un conducteur canadien n’est pas capable de lire les panneaux ou de parler lors d’une situation d’urgence, il pourrait être mis hors service. C’est une question de sécurité, comme le rappelle McCarron avec une image forte; on ne devrait pas conduire à l’aveugle dans une langue qu’on ne comprend pas.
Des mesures concrètes, enfin
Pendant des années, on a dénoncé Chauffeur Inc. comme un système injuste, mais sans grands résultats. Selon McCarron, ce sont maintenant les actions concrètes qui feront la différence… Inspections rapides, travail entre différents ministères, suspensions de permis et grosses amendes. C’est ce genre de mesures qui peut enfin faire le ménage.
Et maintenant?
Il faut s’attendre à des poursuites judiciaires dans les cas d’accidents graves impliquant des chauffeurs mal formés. Les bons conducteurs, eux, vont éviter les compagnies douteuses. Et les entreprises incorporées qui veulent rester en affaires n’auront d’autre choix que de se mettre en règle.
« Montez le volume : la fin approche », conclut McCarron.
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