
La Société de transport de Montréal (STM) fait face à des recommandations cruciales suite à un tragique accident survenu en mars, ayant coûté la vie à un piéton. Le coroner Edgard Nassif, chargé de l’enquête, insiste sur la nécessité pour la STM de « revoir les horaires de travail » de ses chauffeurs d’autobus et d’intégrer des pauses obligatoires pour éviter des incidents similaires.
Le coroner souligne dans son rapport l’importance d’inclure des pauses de repos dans les horaires des chauffeurs, afin de réduire les facteurs perturbateurs de la vigilance et améliorer le temps de réaction des conducteurs. L’accident, qui a eu lieu le 4 mars à l’angle des boulevards Décarie et Édouard-Laurin, a été causé par un autobus qui a heurté Mohan Chandran, traversant l’intersection. M. Chandran, en état d’ébriété, a succombé à un traumatisme crânien sévère.
L’analyse du coroner révèle que le chauffeur n’a pas freiné immédiatement après l’impact, continuant sa route sur plusieurs mètres. Cette inaction, selon M. Nassif, a contribué à la gravité de l’accident. Le chauffeur, travaillant de 15h37 à 23h17, n’avait de pauses que lorsqu’il était en avance sur son trajet, en fonction du trafic. Ce jour-là, il avait toutefois bénéficié de 58 minutes de pause.
Les angles morts créés par les piliers et le rétroviseur du côté gauche de l’autobus, ainsi que des lampadaires défectueux à l’intersection, ont également été pointés du doigt. De plus, le piéton, vêtu de noir, n’a pas réagi à temps. La STM admet que le chauffeur n’a pas respecté la technique de virage à gauche enseignée et souligne l’absence de contact visuel avec le piéton.
En réponse, la STM a tenu des séances de sensibilisation sur la complexité des virages à gauche pour ses chauffeurs et prévoit l’installation d’un système d’évitement de collisions sur les futurs autobus. Des mesures correctives ont également été prises à l’égard du chauffeur impliqué. La Ville de Montréal, de son côté, est encouragée à maintenir un éclairage optimal à cette intersection.
Le président du Syndicat des chauffeurs d’autobus de la STM, Frédéric Therrien, dénonce les temps de parcours compressés des dernières années, rendant les conditions de travail des chauffeurs invivables. Il souligne l’importance de permettre aux chauffeurs de prendre des pauses nécessaires pour accomplir leur travail de manière sécuritaire et efficace, afin de réduire le nombre d’accidents. Selon lui, le manque de temps et de financement sont au cœur du problème.











