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Second Sons Canada : qui est ce groupe de plus en plus visible au pays?

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Second Sons Canada : qui est ce groupe de plus en plus visible au pays?
Manifestation de membres de Second Sons Canada alignés en hiver, le visage couvert, tenant une grande banderole sur laquelle on peut lire « REMIGRATION NOW », avec le texte graphique « Second Sons Canada : qui est ce groupe de plus en plus visible? ».
(Photo : Capture d’écran vidéo, page Facebook de Second Sons Canada)

Depuis plusieurs mois, le groupe Second Sons Canada gagne en visibilité sur les réseaux sociaux, notamment en partageant du contenu lié au camionnage, à des collisions impliquant des véhicules lourds et à des manifestations publiques.

Mais qui sont-ils et que revendiquent-ils?

Second Sons Canada affirme que le pays a changé trop rapidement, notamment en raison de l’immigration, et associent cette transformation à une perte de contrôle, d’identité et à une détérioration de la sécurité, se disant ignorés par les institutions, les médias et les mécanismes politiques traditionnels.

Dans cette perspective, ils valorisent l’action directe plutôt que le débat, misant sur la mobilisation, l’entraînement et le regroupement, et estiment que des solutions radicales, comme la « remigration », sont nécessaires face à ce qu’ils perçoivent comme l’inefficacité du système politique actuel.

Second Sons Canada, en ligne

Second Sons Canada se présente comme un club nationaliste masculin axé sur la camaraderie, la discipline et la forme physique. Le groupe affirme vouloir rassembler des hommes partageant une même vision de l’identité canadienne, qu’il associe à l’héritage historique, culturel et politique du pays, et dit chercher à bâtir une communauté structurée fondée sur la loyauté, la solidarité et l’engagement à long terme plutôt que sur l’individualisme. Dans cette perspective, l’entraînement physique occupe une place centrale, étant présenté comme un outil de cohésion, de discipline et de préparation, visant à développer la résilience et la rigueur des membres face à ce qu’ils perçoivent comme des défis sociaux et politiques à venir.

Contenus diffusés hors des canaux officiels

Cette façade publique sobre et structurée, contraste avec d’autres contenus diffusés par des dirigeants du groupes. Dans une enquête publiée en décembre 2025, CBC News rapporte que ces contenus contiennent des propos beaucoup plus explicites, faisant notamment référence à l’idée d’une « guerre raciale » au Canada et à des appels à des mesures de déportation forcée visant des personnes non blanches.

Second Sons Canada a été fondé par Jeremy MacKenzie, également créateur du réseau Diagolon, que la GRC a déjà qualifié d’organisation extrémiste de type milice, et dont il agit comme président, tandis qu’Alex Vriend en est le vice-président et l’un des principaux porte-parole. Vriend a par ailleurs reconnu publiquement que le groupe compte en son sein des membres se revendiquant du national-socialisme, une idéologie associée au régime nazi allemand, fondée sur le nationalisme ethnique, l’autoritarisme et une vision raciale de la société.

La « remigration »

Dans leurs communications publiques, ce concept est présenté comme un ensemble de mesures visant à encourager le départ de certaines populations du territoire canadien. Toutefois, dans des contenus diffusés en dehors de leurs plateformes officielles, des figures associées au groupe ont décrit cette idée comme pouvant impliquer des actions coercitives, incluant l’usage de la force. Le terme « remigration » est également utilisé par d’autres groupes nationalistes pour désigner des politiques d’exclusion fondées sur l’origine.

Apparitions publiques et présences sur le terrain

Second Sons Canada a multiplié les apparitions publiques depuis l’été 2025, en diffusant largement ses actions sur ses propres plateformes et en affirmant une présence dans plusieurs régions du pays, de l’est à l’ouest, incluant le Québec, en français comme en anglais.

(Photo : Capture d'écran, vidéo page Facebook Second Sons Canada.)
(Photo : Capture d’écran, vidéo page Facebook Second Sons Canada.)
  • Le 31 août 2025, à Queenston Heights Park, près de Niagara-on-the-Lake, environ une cinquantaine de participants ont été photographiés portant des drapeaux et des vêtements à l’effigie du groupe.
  • En octobre 2025, le groupe a organisé deux manifestations simultanées devant des bureaux de médias à Ottawa et à Regina. Des pancartes portant le message « CBC Hates White People » y ont été déployées. Le groupe a affirmé que ces actions visaient à dénoncer ce qu’il considère comme un traitement médiatique hostile et à interpeller directement les médias nationaux.
  • Le 23 novembre 2025, environ 30 membres se sont rassemblés sur un passage piétonnier à London, en Ontario, brandissant une banderole « Remigration Now ».
  • En janvier 2026, des membres du groupe ont été aperçus sur des viaducs à Orillia, en Ontario, ainsi qu’à Regina, où une banderole portant le message « Indian trucks kill Canucks » a été déployée, un slogan ensuite relayé dans leurs publications en ligne. Le groupe a également rapporté sa présence lors d’un rassemblement pacifique pour la sécurité routière tenu sur l’autoroute 11/17, dans le nord de l’Ontario, un événement qui n’était pas organisé par Second Sons Canada et auquel le groupe s’est joint de sa propre initiative.
Des signaux d’un malaise plus large

La montée en visibilité de groupes comme Second Sons Canada s’inscrit dans un contexte social et politique plus large. Certains observateurs s’interrogent sur l’impact des politiques migratoires canadiennes des dernières années, marquées par des niveaux d’immigration élevés, alors que les capacités d’accueil, d’intégration et de supervision de certains secteurs sont mises à l’épreuve.

Dans le secteur du camionnage, plusieurs enquêtes, rapports et témoignages ont documenté des problèmes persistants liés à l’embauche et à l’encadrement de conducteurs, notamment parmi des travailleurs immigrants récemment arrivés au pays. Des pratiques telles que le recours à des chauffeurs sous-payés, les stratagèmes de type chauffeurs inc., les horaires excessifs, le non-respect des périodes de repos, l’utilisation du téléphone au volant ou des manœuvres dangereuses ont été relevées par des autorités, des syndicats, des camionneurs et des médias spécialisés, contribuant à une hausse des accidents, à des conditions de travail précaires et à un sentiment d’injustice dans l’industrie.

Parallèlement, les autorités policières ont signalé une augmentation des dossiers liés à l’extorsion et au crime organisé dans plusieurs provinces, notamment en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta, avec certaines enquêtes impliquant des réseaux opérant au sein ou en marge de communautés sud-asiatiques. C’est dans ce contexte que des groupes comme Second Sons Canada s’inscrivent dans le débat public, en avançant leur propre lecture de ces enjeux et en affirmant que les problèmes de sécurité et de réglementation découlent en partie de l’immigration récente, soutenant que la solution passe par le départ des immigrants et leur retour dans leur pays d’origine, une position qui va bien au-delà des demandes formulées par l’industrie ou les autorités.

Camion de Postes Canada sur la route avec le texte « Chauffeurs au rabais : motion déposée pour entendre le PDG de Postes Canada », illustrant une motion présentée au comité permanent des transports concernant les pratiques de contrats et de sous-traitance dans le secteur du transport routier.

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