
Un député du Nouveau Parti démocratique (NPD), Guy Bourgouin, a présenté un projet de loi à Queen’s Park le 4 juin dernier pour améliorer la sécurité sur les routes 11 et 17, dans le nord de l’Ontario.
Mais selon l’Ontario Trucking Association (OTA), ce projet ne va pas assez loin.
Le projet, appelé « Northern Highway 11 and 17 Safety Act », propose plusieurs mesures pour encadrer le transport lourd et mieux entretenir ces routes importantes :
- Ouvrir les stations de pesée et d’inspection des camions 12 heures par jour;
- Augmenter la présence des agents de la police provinciale (OPP);
- Améliorer la formation et la certification des conducteurs de camions;
- Mettre fin au déneigement par des compagnies privées et redonner cette tâche au ministère des Transports de l’Ontario (MTO).
Mais pour le président de l’OTA, Stephen Laskowski, ce n’est pas suffisant. Il affirme que garder les stations ouvertes seulement 12 heures par jour n’empêchera pas les mauvais joueurs de l’industrie de rouler de façon dangereuse, surtout sur une route aussi cruciale pour le commerce entre l’Est et l’Ouest du pays.
De son côté, le ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Sarkaria, appuie une surveillance 24 heures sur 24, en particulier dans la région de Thunder Bay, un point névralgique pour le transport, a-t-il fait entendre à l’OTA.
L’OTA reconnait tout de même que le projet contient des recommandations intéressantes, notamment sur l’entretien hivernal et la formation des chauffeurs, deux aspects que l’association juge essentiels.
Par ailleurs, l’OTA travaille de concert avec l’Association du Camionnage du Québec (ACQ) pour mettre en place un plan d’action afin de mieux encadrer les comportements non conformes dans l’industrie.
Ensemble, elles proposent plusieurs solutions concrètes, notamment : instaurer une surveillance 24/7 dans les postes d’inspection, renforcer le partage d’information entre provinces pour éviter que des transporteurs choisissent leur province d’enregistrement en fonction des règles les plus souples (ce qu’on appelle le jurisdiction shopping), mettre en place des contrôles conjoints permanents avec la participation de plusieurs ministères, encadrer plus strictement la formation des conducteurs, et exiger le respect des règles fiscales et du travail dès la demande de certificats d’exploitation.
Enfin, le ministre Sarkaria a écrit à la ministre fédérale des Transports, Chrystia Freeland, pour lui rappeler l’importance nationale des routes 11 et 17, soit la Transcanadienne, et demander un partage des coûts entre les deux paliers de gouvernement. L’objectif est que ces routes soient entretenues selon les mêmes standards que les autoroutes 400, plus au sud.
Les routes 11 et 17, vitales pour le transport à travers le pays, restent marquées par une insécurité persistante. Malgré les propositions politiques et les appels à l’action, les mesures concrètes tardent à se concrétiser sur le terrain. Alors que les accidents graves et les décès s’accumulent, l’écart se creuse entre les intentions les gestes concrets. Pour le Nord de l’Ontario, la vraie question n’est plus quoi faire, mais quand? et pour l’instant, les actions se font toujours attendre.
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