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Pneus de camion : les usines de rechapage frappent un mur face à la vague de pneus de l’Asie

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Pneus de camion : les usines de rechapage frappent un mur face à la vague de pneus de l’Asie

Pneus de camion rechapé dans une usine de fabrication au Québec, illustrant le processus de reconditionnement.

L’industrie québécoise du rechapage de pneus, essentielle pour prolonger la durée de vie des pneus de camion, traverse une crise importante. Submergées par l’importation massive de pneus à bas prix en provenance d’Asie, notamment de Chine et d’Asie du Sud-Est, plusieurs entreprises québécoises tirent la sonnette d’alarme.

Ces pneus, souvent de qualité inférieure selon certains experts du milieu, compromettent la possibilité même de les rechapper, mettant à mal un modèle économique fondé sur la durabilité.

Le rechapage consiste à remplacer la bande de roulement usée d’un pneu tout en conservant sa carcasse. Ce procédé permet, dans le cas de pneus neufs de haute qualité, jusqu’à trois cycles de réutilisation. Or, les pneus d’entrée de gamme, maintenant omniprésents sur le marché, ne tolèrent souvent qu’un seul rechapage, voire aucun. Pour les entreprises spécialisées, cette situation limite fortement l’activité des usines, qui manquent de pneus adéquats à retravailler. Et, moins de pneus rechapables, moins de travail, moins de revenus.

Certaines usines, comme celles de Beauceville ou de Saint-Jérôme, rapportent une baisse de production de l’ordre de 25% à 30%. Comme les pneus importés sont souvent de moins bonne qualité, plus de pneus sont rejetés, et les usines tournent au ralenti. Résultat : les employés travaillent moins d’heures et l’industrie devient plus fragile.

La situation soulève aussi des enjeux environnementaux. Le rechapage permet d’économiser d’importantes quantités de matières premières et de réduire significativement les émissions de CO₂. À titre d’exemple, un seul pneu 11R22.5 rechapé permet d’éviter l’utilisation de 57 litres de pétrole et d’émettre 110 kg de CO₂ de moins que la fabrication d’un pneu neuf. Mais avec l’arrivée massive de pneus de mauvaise qualité, ce modèle de réutilisation ne fonctionne plus aussi bien.

Les acteurs de l’industrie réclament des mesures concrètes pour redresser la situation. Certains plaident pour une surtaxe sur les pneus bon marché, à l’image de ce qui se fait aux États-Unis, où le rechapage se porte nettement mieux. D’autres proposent l’instauration d’incitatifs financiers, semblables à ceux de l’Ontario, qui récompensent le rechapage avec un retour monétaire par carcasse utilisée.

Sans intervention, le Québec pourrait perdre une filière locale qui, selon ses acteurs, contribue à la réduction des déchets et à la performance économique. Mais pour que le modèle tienne, il faudrait que l’industrie du transport accepte de privilégier les pneus durables, souvent plus coûteux à l’achat, mais potentiellement plus rentables à long terme. Une équation qui reste difficile à vendre, surtout dans un contexte où la fiabilité des pneus, rechapés ou non, demeure une priorité pour plusieurs camionneurs et transporteurs.

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