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Camions Lion Électrique : la GRC enquête sur des pratiques douteuses

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Camions Lion Électrique : la GRC enquête sur des pratiques douteuses

Un camion représentant les camions de LION Électrique, entreprise qui fait face à une enquête de la GRC.

L’entreprise québécoise Lion Électrique, bien connue pour ses autobus scolaires électriques, fait désormais l’objet d’une enquête par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

D’ex-employés ont rencontré les enquêteurs de l’Équipe intégrée de la police des marchés financiers, qui s’intéressent aux commandes de camions annoncées par la compagnie entre 2020 et 2022.

À l’époque, la société affirmait avoir obtenu d’importantes commandes de clients comme Amazon, le Canadien National (CN), Agropur et Molson Coors, mais plusieurs de ces ententes ne se sont jamais concrétisées.

En plus de ces commandes non livrées, la GRC examine un stratagème présumé révélé par les médias, selon lequel Lion aurait repris des camions défectueux de clients pour les remplacer, tout en obtenant une seconde fois les subventions publiques pour les nouveaux véhicules.

Cette pratique est interdite, puisqu’elle implique un double financement pour un seul achat réel. Le constructeur aurait ainsi profité à deux reprises des aides gouvernementales, totalisant environ 240,000$ par camion.

Malgré les promesses de croissance fulgurante, les ventes de camions Lion ont été bien en dessous des attentes. L’entreprise prévoyait vendre 15,800 unités en 2024, mais n’en a livré que 36 entre 2021 et 2024.

Plusieurs camions ont été retournés par des clients comme la SAQ ou Hydro-Québec pour des problèmes techniques ou de performance. Même Amazon, qui avait pourtant une entente de 2,500 camions, est restée silencieuse sur la suite du dossier.

L’échec commercial a été suivi d’un effondrement financier. Lion a sombré dans l’insolvabilité en 2024, malgré des aides totalisant près de 200M$ provenant du gouvernement du Québec, de la Caisse de dépôt et du Fonds de solidarité FTQ. En mai dernier, l’entreprise a été rachetée pour seulement 6M$ par un groupe d’investisseurs qui entend désormais se concentrer sur les autobus scolaires. Les camions restants ont été vendus à l’encan pour une fraction de leur valeur initiale.

L’affaire Lion Électrique soulève de sérieuses questions sur la surveillance des investissements publics et la transparence des communications aux investisseurs. Une action collective est d’ailleurs en cours, alléguant que l’entreprise aurait induit en erreur les actionnaires sur sa santé financière.

Si les allégations se confirment, ce scandale pourrait ébranler la confiance envers le secteur des véhicules électriques au Québec, pourtant considéré comme stratégique dans la transition énergétique.

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