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Plan logistique de Montréal : une vision déconnectée de la réalité du camionnage

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Plan logistique de Montréal : une vision déconnectée de la réalité du camionnage

Camions de transport lourd circulant dans la Ville de Montréal, symbole des défis liés à la logistique urbaine et du camionnage.

Camionnage | La Ville de Montréal a dévoilé son tout premier plan d’action en logistique urbaine 2025-2027, dans l’objectif de transformer les pratiques de livraison afin de répondre aux enjeux de sécurité, de fluidité et de développement durable.

Le document, qui s’inscrit dans une vision à long terme jusqu’en 2050, mise sur une transition vers des véhicules plus petits, plus propres, et sur des solutions comme les points de collecte pour les colis afin de réduire la circulation des camions en zone urbaine.

L’administration municipale souhaite ainsi réduire l’empreinte carbone du transport de marchandises en priorisant la livraison par des véhicules électriques légers, notamment sur les premiers et derniers kilomètres. On y encourage également l’utilisation de casiers à colis et la création de centres de consolidation.

Le plan propose une combinaison de mesures incitatives et dissuasives, incluant potentiellement des interventions policières pour faire respecter les nouvelles normes, tout en évoquant la mise en place de projets pilotes et d’une table de concertation pour échanger avec le milieu.

Mais voilà le hic : les principaux acteurs du camionnage lourd n’auraient pas été invités à cette fameuse table. Selon Marc Cadieux, président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), il est étonnant que la Ville tente de redéfinir les règles du transport routier dans la métropole sans consulter ceux qui transportent chaque jour l’essentiel des marchandises qui alimentent la ville.

Il souligne que des transporteurs de grande envergure comme Morneau, Robert ou Guilbault font partie intégrante de l’écosystème de livraison à Montréal, et qu’exclure l’ACQ des discussions revient à bâtir un plan sans fondation solide. Il craint que les décisions prises en vase clos entrainent une hausse significative des coûts logistiques.

Remplacer un seul camion de 53 pieds par plusieurs petits véhicules exige plus de main-d’œuvre, plus de camions, et donc plus de congestion… L’impact se ferait inévitablement sentir jusque sur les tablettes et les factures des consommateurs.

Il déplore aussi un certain manque de dialogue entre l’industrie et la Ville, alors même que des entreprises font appel à l’ACQ pour résoudre des problèmes liés aux infrastructures montréalaises, comme les bornes empêchant l’accès à certains commerces ou artères. Pour lui, cette absence de collaboration traduit une déconnexion préoccupante entre les décideurs politiques et les réalités opérationnelles du terrain.

Enfin, bien que Montréal affirme vouloir tenir compte des besoins du secteur, le fait de ne pas inclure l’ACQ dans le processus de consultation envoie un signal contradictoire.

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