
Certaines personnes pensent que le métier de camionneur est simple : il suffirait de rester assis derrière un volant et de conduire.
Selon les camionneurs qui ont répondu à cette idée sur la page de Truck Stop Québec, cette perception est loin de la réalité. Dans cet article, nous donnons la parole aux routiers professionnels.
Une perception erronée du métier
Les camionneurs témoignent que leur travail ne se limite pas à conduire et qu’une grande partie de leurs tâches, pour certains, se déroule en dehors de la cabine.
« Je passe plus de temps en dehors de mon camion que dedans. Pense à moi en buvant ton prochain verre de lait mon ami! » répond Gabrielle, camionneuse sur le transport de lait.
Dans le transport de marchandises sur plateau (flatbed), les chauffeurs doivent attacher et détacher des toiles ou installer des sangles, parfois même dans des conditions météorologiques extrêmes.
La diversité des types de transport et des défis
Le métier de camionneur est extrêmement varié selon le type de transport effectué. Les tâches diffèrent grandement entre un conducteur qui fait du transport avec manutention, un camionneur en citerne, ou encore un chauffeur de camions à benne. Les camionneurs qui travaillent dans le domaine de la livraison alimentaire, par exemple, passent de longues heures à charger et décharger des remorques, souvent plusieurs fois par jour.
« Venez faire du service alimentaire. Qu’ils viennent vider un 31 pieds quotidiennement pendant 1 semaine et on s’en reparlera », ajoute Éric Paquette.
Dans le domaine du transport spécialisé, comme les convois exceptionnels ou le transport de matériaux lourds, les défis sont également présents. Les chauffeurs doivent gérer des véhicules plus complexes, manipuler des cargaisons délicates, et manœuvrer dans des espaces étroits. Comme l’a noté un autre professionnel, Dominik Dumont :
« Essaye de reculer un B-train ou un train routier blind side au travers de plein d’*** de chauffeurs de char comme toi qui ne t’aident pas pis qui sont dans tes jambes. »
Ces camionneurs doivent également affronter des imprévus comme les embouteillages, la rage au volant, ou des conditions climatiques difficiles telles que les tempêtes de neige et le verglas, nécessitant une vigilance constante, voire même supérieure!
Les multiples responsabilités des camionneurs
Au-delà de la conduite, les camionneurs doivent accomplir une multitude de tâches essentielles au bon déroulement de leur travail. Chaque chauffeur est tenu de remplir un journal de bord détaillé pour respecter les heures de conduite légales. Il doit aussi réaliser des inspections régulières de son véhicule, afin de garantir que tout est en ordre. La planification d’itinéraires est cruciale, non seulement pour respecter les délais, mais aussi pour éviter les routes non autoriées aux poids lourds.
Les camionneurs doivent également connaître les réglementations locales, nationales et parfois internationales, pour transporter des marchandises en toute conformité. En hiver, certains camionneurs doivent installer des chaînes sur leurs pneus lorsqu’ils traversent des régions montagneuses, ajoutant un autre niveau de difficulté. Certains doivent nettoyer leur remorque, d’autres s’assurer du bon fonctionnement de l’unité réfrigérante et la température de leurs produits, et/ou veiller à l’entretien des équipements. Ces tâches démontrent à quel point le métier est exigeant, tant sur le plan physique que mental.
Vigilance et sécurité : une responsabilité immense
L’un des aspects très sous-estimé du métier est la vigilance constante requise pour assurer la sécurité sur la route. Conduire un poids lourd, souvent chargé de plusieurs tonnes de marchandises, nécessite de la concentration et une anticipation des dangers bien au-delà de ce qu’un conducteur automobile peut imaginer. Comme le rappelle Jean-François Carier, camionneur :
« Un chirurgien du cerveau fait une erreur, il y a un mort. Un camionneur fait une erreur, il y a plusieurs morts. Voilà la responsabilité du camionneur. »
Ce niveau d’attention exige que les camionneurs surveillent non seulement leur propre conduite, mais aussi celle des autres véhicules, des piétons, tout en respectant les strictes réglementations en matière de sécurité.
« C’est vrai que conduire un camion est facile, le plus difficile est de gérer les piétons, les cyclistes et les automobilistes. » Stéphane Plante
Un métier exigeant mentalement et physiquement
Contrairement à la croyance populaire, rester assis derrière un volant pendant de longues heures n’est pas reposant. Au contraire, cela demande une vigilance mentale extrême qui, combinée à la fatigue physique, épuise rapidement le corps et l’esprit. Le stress des délais à respecter et la gestion du trafic pèsent lourd sur les camionneurs. Karen Arbour témoigne :
» Il faut être attentif tout le temps, conduire pour les autres, ça demande de la gestion de temps, du stress. »
L’impact sur la santé est également notable : douleurs articulaires, mal de dos, et fatigue chronique sont des réalités que vivent quotidiennement les camionneurs.
La réalité des horaires et de la vie sur la route
Les horaires des camionneurs sont souvent exigeants. Entre les longues heures de conduite (jusqu’à 13 heures), parfois de nuit, et les semaines passées loin de chez eux, le métier est éprouvant sur le plan personnel.
« L’être humain n’est aussi pas fait pour vivre seul! Souvent, les camionneurs longue distance sont confrontés à beaucoup de solitude. » Rémi Rivard
Cette réalité complique non seulement la vie sociale, mais affecte aussi la santé mentale de certains conducteurs.
Un métier essentiel à l’économie
Malgré ces défis, de nombreux camionneurs sont passionnés par leur travail. Ils soulignent que, sans eux, l’économie s’effondrerait, car tout ce que nous utilisons au quotidien a été transporté par camion à un moment donné.
« Toute qu’un méchant domaine, faut l’avoir essayé pour comprendre, moi je vous lève mon chapeau, vous êtes la colonne de l’économie! », affirme Martin Labonté.
Pourtant, ce métier reste largement sous-estimé par le grand public, qui ne voit souvent que la surface des choses. Marcel Maltais conclut :
« Le métier apparaît effectivement facile par l’image très sommaire de la position assise derrière un volant. Par expérience, gérer la conduite d’un camion avec ses bons côtés et ses inconvénients est moins éreintant que gérer les relations humaines. »
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