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Manac réduit ses effectifs en raison des tensions commerciales et du ralentissement économique

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Manac réduit ses effectifs en raison des tensions commerciales et du ralentissement économique

Façade de l’usine Manac à Saint-Georges, avec camion stationné devant, illustrant les mises à pied de 114 employés dans le secteur du camionnage.

Manac doit se résoudre à mettre à pied 114 travailleurs répartis entre ses installations de Saint-Georges, en Beauce, et de Laurier-Station, dans Lotbinière.

L’entreprise a officiellement transmis deux avis de licenciement collectif en juillet au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. À Saint-Georges, 99 employés sont temporairement remerciés, tandis que 15 postes sont supprimés à Laurier-Station.

Annonce d'emploi de Soprema, à la recherche d'un Chauffeur-opérateur (grue).Ces mises à pied surviennent dans un contexte économique mondial tendu, marqué par un ralentissement général du transport de marchandises et des incertitudes persistantes autour des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. Les guerres tarifaires ajoutent une pression importante sur les fabricants d’équipement lourd comme Manac.

Des entreprises du secteur, comme le géant Paccar, commencent déjà à ressentir les effets concrets de ces politiques. Le fabricant anticipe une perte de 75 millions $ US liée aux tarifs au troisième trimestre, et les fluctuations demeurent imprévisibles tant que les politiques commerciales américaines ne seront pas clarifiées. Bien que la majorité des camions livrés aux États-Unis soient assemblés localement, de nombreuses pièces proviennent de l’étranger, notamment du Mexique, du Canada et de l’Asie, les rendant vulnérables aux hausses tarifaires.

Dans ce climat, les fabricants révisent leur logistique, ajoutent des frais de surtaxe sur les prix de vente, et ajustent leurs chaines d’approvisionnement pour limiter les dommages. Chez Manac, les impacts se traduisent directement en pertes d’emploi, comme ce fut aussi le cas plus tôt cette année, en février, avec 45 postes suspendus temporairement.

Le transport routier, quant à lui, fonctionne comme un baromètre économique. Moins de marchandises à livrer, c’est moins de camions sur les routes, moins d’usure de matériel, donc moins de renouvellement d’équipement. L’effet domino atteint rapidement les fabricants de remorques et autres équipements spécialisés.

La situation n’est pas unique à Manac. D’autres grandes entreprises du secteur vivent également une baisse marquée. TFI International, basée à Montréal, a récemment rapporté une diminution de ses profits au deuxième trimestre, liée à un fléchissement de la demande et des volumes transportés. Malgré un contexte difficile, l’entreprise continue de générer des revenus importants, mais le recul de ses résultats illustre la tendance générale dans l’industrie.

Malgré ces turbulences, Manac demeure une entreprise bien implantée, avec une forte présence nord-américaine. Grâce à une pénurie de main-d’œuvre persistante dans la région de Chaudière-Appalaches, plusieurs employés mis à pied pourraient être réaffectés ailleurs à court ou moyen terme.

Toutefois, la situation actuelle rappelle à quel point les décisions politiques et les tensions commerciales internationales peuvent avoir des répercussions directes sur l’emploi local.

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