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La voix de nos abonnés : Les failles du système, un témoignage de Julien L.

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La voix de nos abonnés : Les failles du système, un témoignage de Julien L.

 

Image en noir et blanc d’un camion lourd roulant sur une autoroute en direction du soleil, avec le logo Truck Stop Québec en haut à gauche. Le texte en surimpression indique « La voix de nos abonnés » et « Les failles du système… Par Julien Leroux ».

La voix de nos abonnés met en lumière les réflexions et les expériences de ceux qui connaissent l’industrie de l’intérieur.

Dans ce témoignage, Julien, aujourd’hui directeur de la sécurité après un parcours comme camionneur et instructeur, partage son point de vue sur la formation, la délivrance des permis et les enjeux de sécurité routière. Bonne lecture!

Annonce d'emploi de Soprema, à la recherche d'un Chauffeur-opérateur (grue).Je vois passer beaucoup d’articles, de publications et de commentaires ces derniers temps concernant des accidents sur nos routes. Je tenais à partager mon point de vue.

Effectivement, il y a une problématique qui concerne une communauté surreprésentée en Ontario, qui s’est accaparée le transport. On parle non seulement de compagnies de transport, mais aussi d’écoles, de services de remorquage, d’ateliers mécaniques, de truck stops, etc. Ce fait n’est plus à démontrer.

La Californie est dans la même situation.

Au Québec, nous nous dirigeons vers la même réalité. Et ça n’a pas commencé hier.

Je suis arrivé il y a 15 ans, de France. J’ai passé ma classe 1 après avoir pratiqué un peu la double clutch dans la cour pendant deux heures. Quand j’ai réussi à passer les vitesses, j’ai pris mon rendez-vous à la SAAQ et j’ai obtenu mon permis.

Je n’ai pas eu de formation. Par chance, les conducteurs européens bénéficient d’une formation bien plus poussée qu’un DEP, par exemple. Donc en arrivant ici, je connaissais déjà parfaitement les camions.

Mais le système de délivrance de permis ne fonctionne pas. La formation minimale qu’ils veulent mettre en place ne fonctionnera pas davantage. On le voit en Ontario.

Au cours des dernières années, j’ai été instructeur dans une école privée. Il m’est arrivé d’espérer que l’évaluateur fasse son travail correctement et refuse le permis à certains élèves. Je n’ai pas toujours été exaucé. Et dans le cas où les évaluateurs côtoient les élèves tout au long de leur parcours, peut-on parler de conflit d’intérêts ?

Nous pouvons critiquer toutes les entités impliquées dans le système (compagnies, chauffeurs, immigrants). Mais si le gouvernement faisait son travail, et surtout si l’examen était vraiment impartial et à la hauteur du niveau requis pour être camionneur, quelqu’un qui n’a pas sa place dans un camion ne pourrait pas se retrouver sur la route.

Après avoir été camionneur de nombreuses années, formateur en entreprise, instructeur puis aujourd’hui directeur de la sécurité, j’ai été confronté à de nombreuses situations déplaisantes ou dangereuses.

Je ne crois pas que la nationalité ou les antécédents de conduite soient une cause directe des accidents. Si l’examen est impartial, quelqu’un qui a les compétences va passer. Quelqu’un qui ne sait pas conduire ne passera pas.

Comment est-il encore possible qu’une personne qui ne sait pas reculer son camion puisse se retrouver sur la route aujourd’hui ? Le reculons n’est même pas éliminatoire dans certaines institutions.

Voilà mon avis sur la situation.
Julien L.

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Manifestation prévue le 6 septembre contre les chauffeurs dangereux. Image montrant un camion lourd et une foule de manifestants brandissant des pancartes, avec un citoyen utilisant un porte-voix.

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