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Guerre tarifaire : l’industrie du camionnage québécoise au bord du ralenti?

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Guerre tarifaire : l’industrie du camionnage québécoise au bord du ralenti?

Guerre tarifaire : l'industrie du camionnage québécoise au bord du ralenti? Image : Camion lourd de couleur noire circulant sur une route, avec un message en surimpression : « Le projet de loi 112 de Québec, sur le commerce interprovincial, ne fait aucune mention du camionnage. » Logo de Truck Stop Québec en bas à gauche.

L’industrie du camionnage au Québec subit fortement les contrecoups de la guerre tarifaire déclenchée par les États-Unis.

Des entreprises spécialisées dans le transport transfrontalier voient leurs volumes chuter de façon significative. Certaines en viennent à réduire leurs effectifs, d’autres n’ont d’autre choix que de cesser leurs activités.

Cette pression économique croissante génère une inquiétude bien réelle au sein du milieu. Plusieurs acteurs, dont l’Association du camionnage du Québec (ACQ), rapportent un climat d’anxiété, nourri par une incertitude persistante. Bien que les gouvernements fédéral et provincial aient consulté les représentants de l’industrie et reçu des propositions concrètes pour alléger la situation, les transporteurs constatent peu, voire aucun changement sur le terrain.

Le président-directeur général de l’ACQ, Marc Cadieux, soutient que les intentions politiques, notamment en matière de commerce interprovincial, peinent à se traduire en mesures tangibles. Les transporteurs doivent encore composer avec des exigences administratives redondantes d’une province à l’autre, même pour des marchandises identiques. Ce manque d’harmonisation freine inutilement la fluidité du transport de biens au pays.

Québec a récemment déposé le projet de loi 112, visant à favoriser la libre circulation des produits entre les provinces. Bien qu’accueilli avec espoir, le projet soulève des doutes : le texte ne fait aucune mention du transport routier ou des camions, ce qui laisse l’industrie sceptique quant à son application concrète.

« Il est temps que ces méthodes protectionnistes disparaissent, que l’on puisse circuler librement à moindre coût, et qu’on se donne un peu d’oxygène au niveau économique pour transporter nos marchandises, » a déclaré Marc Cadieux à Radio-Canada.

Du côté fédéral, on affirme qu’un projet pilote est en cours avec les provinces pour éliminer les obstacles interprovinciaux dans le camionnage, avec des gains économiques potentiels évalués à plus d’un milliard de dollars par année. Mais, plusieurs obstacles demeurent : permis distincts, normes différentes et lourdeurs administratives. Pour l’instant, les promesses d’un réseau fluide et unifié restent largement théoriques pour ceux qui doivent livrer, jour après jour, d’un bout à l’autre du pays.

Le transport de bois d’œuvre en déclin

Dans le Bas-Saint-Laurent, le directeur des opérations de Transport PLBG, Michaël Rousseau, observe une baisse marquée du volume transporté, notamment dans le secteur du bois d’œuvre. Son entreprise assure le lien entre les scieries et les centres de transfert ferroviaires, mais la hausse des tarifs douaniers pousse plusieurs clients américains à opter pour le train, jugé plus économique. Résultat : les camionneurs qui effectuaient les livraisons directes aux États-Unis voient leur charge de travail diminuer.

À cela s’ajoute la pression financière sur les clients eux-mêmes. Face à la flambée des prix, certains ne peuvent absorber les hausses de coûts de transport. Les transporteurs, déjà fragilisés, doivent donc rogner sur leurs marges pour préserver leur clientèle, une stratégie difficilement viable à long terme.

Une crise agricole qui traverse les frontières

La situation est tout aussi préoccupante chez nos voisins du sud. Aux États-Unis, les producteurs agricoles et les camionneurs font face à une tempête économique sans précédent. L’endettement du secteur agricole devrait dépasser les 560 milliards de dollars en 2025.

Les tarifs douaniers mis en place par l’administration Trump ont réduit la demande internationale, forçant les agriculteurs à écouler leurs récoltes à perte, dans un contexte où les coûts d’exploitation atteignent des sommets.

Le secteur du transport routier américain encaisse lui aussi les effets de cette crise. La demande de transport est en baisse, les prix du carburant grimpent, et plusieurs entreprises bien établies ont dû cesser leurs activités ou faire des mises à pied. L’impact se fait sentir jusque dans les épiceries, avec des prix à la hausse et des étagères moins garnies.

Ce contexte trouve écho ici au Québec, notamment chez les transporteurs spécialisés en marchandises périssables. Les entreprises qui assurent le transport de fruits et légumes voient leurs volumes diminuer en raison des boycotts et de l’instabilité du marché américain. L’incertitude freine les investissements, complique la logistique et met à mal un secteur où la rapidité de livraison est cruciale.

Quand les producteurs ne vendent plus, les camions cessent de rouler. Et lorsque les camions s’immobilisent, c’est toute la chaine d’approvisionnement qui subit les impacts.

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