
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a renouvelé son soutien au doublement des routes qui traversent le nord de la province, en particulier les tronçons jugés dangereux des routes 11 et 17.
Selon lui, élargir la Transcanadienne est essentiel pour améliorer la sécurité routière et répondre aux besoins des communautés isolées ainsi qu’au transport de marchandises dans cette vaste région.
La province a déjà pris l’engagement de doubler la portion de la route 11/17 entre Thunder Bay et Nipigon. Doug Ford a précisé que 16 kilomètres supplémentaires devraient être complétés d’ici la fin de l’année, en plus des travaux déjà en cours.
En avril 2022, un contrat de 107 millions de dollars a été accordé pour la construction d’un tronçon de 13,2 km entre la route 587 et Pearl, dont l’achèvement est prévu d’ici 2026.
Toutefois, peu d’avancées ont été réalisées entre Thunder Bay et Kenora, ainsi qu’à l’est de Nipigon, où la route reste à chaussée bidirectionnelle, c’est-à-dire une seule voie dans chaque direction sans séparation. La route 11, entre Nipigon et North Bay, présente la même configuration, malgré l’augmentation du volume de circulation et les nombreux accidents graves qui continuent de susciter l’inquiétude.
Doug Ford affirme que la sécurité des usagers de la route demeure une priorité pour son gouvernement. Il a aussi rappelé que d’autres secteurs, comme le corridor Sudbury–Toronto, comportent eux aussi des tronçons à deux voies considérés à risque. Par ailleurs, la route 69 fait l’objet d’un projet majeur d’élargissement à quatre voies, d’une valeur de 500 millions de dollars, qui vise à moderniser 68 kilomètres supplémentaires.
Le premier ministre a aussi souligné, selon le média BayToday.ca, que les gens qui vivent dans les grands centres du sud de la province ne réalisent pas toujours à quel point les conditions routières peuvent être difficiles dans le Nord, surtout en hiver. Il dit avoir lui-même constaté cette réalité sur le terrain pendant la dernière campagne électorale, alors qu’il traversait la région sous de fortes chutes de neige.
En parallèle, des démarches sont en cours pour moderniser le Thunder Bay Expressway. Le ministère des Transports prévoit lancer un appel d’offres en septembre 2025 pour la conception détaillée du projet. Cependant, les travaux de construction ne pourraient débuter qu’une fois complété le corridor Northwest Arterial Road, qui doit relier Dawson Road à Golf Links Road.
Modèle de route 2+1, réaliste dans le nord de l’Ontario?
Pendant ce temps, la Fédération des municipalités du Nord de l’Ontario (FONOM) propose une alternative plus rapide et moins coûteuse que le doublement complet : le modèle de route 2+1, déjà utilisé en Europe. Ce type d’aménagement prévoit une voie centrale de dépassement qui alterne entre les directions, tout en assurant une séparation sécuritaire.
FONOM présente le modèle 2+1 comme une option réaliste pour moderniser certaines sections des routes 11 et 17, notamment entre North Bay et Cochrane, ainsi que sur la route 17 entre Renfrew, Sudbury et Kenora.
Une solution à rabais qui coûte des vies
Pour le groupe citoyen « Hwy 11/17 Kills People – La route 11/17 tue des gens », cette solution est profondément inadéquate et dangereuse. Dans ces sections de dépassement limitées, ce ne sont pas seulement les automobilistes qui s’affrontent, mais aussi les camions lourds entre eux, qui tentent de dépasser à tout prix avant que la voie supplémentaire ne disparaisse. Cela crée une dynamique de frustration, de compétition et de prise de risques, dans un contexte déjà fragile.
Ajoutez à cela le manque de formation de plusieurs nouveaux camionneurs, un problème connu et dénoncé dans l’industrie, et on se retrouve avec un cocktail explosif sur des routes à peine tolérables, surtout en hiver. Le groupe accuse les décideurs de sous-estimer gravement la réalité sur le terrain et de continuer à exposer la population, les camionneurs et les communautés nordiques à des dangers évitables.
Même si le doublement complet des routes peut sembler coûteux, les membres du groupe rappellent que la sécurité ne devrait jamais être une variable d’ajustement budgétaire. À leurs yeux, seule une route à quatre voies séparées d’un bout à l’autre peut véritablement prévenir les accidents et répondre aux besoins du transport moderne. Tant que cette voie ne sera pas empruntée, les tragédies vont continuer à s’accumuler.
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